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Interviews



- Interview de Christopher Lee, concernant Terence Fisher et la Hammer Films.

-Interview de Jimmy Sangster dans le cadre du Hammer Film Festival de Strasbourg, qui a eu lieu du 20 au 24 septembre 2006. (Questions proposées par des membres du forum "The Hammer Collection.Net")

- Entretien de Daniel Frenette avec Ingrid Pitt.

- Interview que j'ai accordé à Eric Escofier dans son fanzine "Les Monstres De La Nuit" (volume # 7 : Spécial Terence Fisher).





Copyright © 2004 DDVIDEO.


Interview de Christopher Lee, concernant Terence Fisher et la Hammer Films.

Traduction en français par Namaroff (8 mars 2008).


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L'interview en anglais, filmé en 2004. Provient de l'éditeur "DDVideo" et semble inclus en tant que supplément sur le DVD Zone 2 (UK) de "Island Of Terror (1966)". C'est Marcus Hearn qui mène l'interview.


M.H. : 1 - Les films que vous avez tourné avec Terence Fisher ont fait de vous une star internationale. Quels sont vos souvenirs de travail avec lui ?

C.L. : Je ne me suis jamais considéré comme une star, c'est un mot galvaudé. L'époque des géants, l'âge d'or, est terminé. Il n'y a pas de géants aujourd'hui. Il y a de très bons acteurs, et quelques stars. Quelquefois les deux vont de pair, comme Gene Hackman, Jack Nicholson, Al Pacino, Robert de Niro, Jeff Bridges, et d'autres. Sans oublier les femmes, bien sûr. Terence m'était très cher. Il m'a aidé à devenir ce que je suis. J'ai travaillé sur un de ses premiers films. Quand j'étais avec la Rank, ils ont essayé de nous former en tournant des court métrages avec les metteurs en scène sous contrat.

M.H. : 2 - C'était très contraignant ?

C.L. : Je n'ai pas fait ça très longtemps. On demandait aux filles de marcher avec un livre sur la tête, et le professeur ne connaissait même pas l'alphabet. Vous ne me croirez pas, mais c'est vrai. Je me suis dit, ce n'est pas fait pour moi, et je suis très vite parti. Et l'organisation Rank s'est très vite débarrassée de moi aussi, et c'est probablement ce qui m'est arrivé de mieux. C'était un court métrage censé promouvoir la carrière d'une femme très gentille, Evelyn McCabe, avec une voix superbe, qu'elle a utilisée dans un court métrage en noir et blanc, A Song For Tomorrow (Note du traducteur: film de complément de programme d'une durée approximative d'une heure). Et j'étais une combinaison d'un homme qui la présente au public, et une sorte de maître d'hôtel, et on m'avait grisé les cheveux. j'étais beaucoup trop grand, j'avais trop l'air d'un étranger. Terence l'a mis en scène, et ça devait être un de ses premiers films. Il était monteur, au départ, comme la plupart des bons metteurs en scène. Terry était adorable, gentil, serviable, avec un grand sens de l'humour, et il fallait en avoir. Ce qui se passait en coulisses entre lui et les patrons, je n'en sais rien, parce qu'il n'en parlait jamais.

M.H. : 3 - Était il un directeur d'acteurs ou pas ?

C.L. : Il avait une façon étrange de faire les choses, j'ai déjà dit ça. Il disait, le script dit que tu entres, tu fais ceci ou cela et tu parles, et je me souviens qu'il disait : montre-moi ce que tu vas faire. Il disait très rarement, comme beaucoup d'autres metteurs en scène, voilà ce que tu vas faire, voilà comment tu vas le faire, tu vas regarder là, tu vas t'arrêter là, tu commences à parler là, et tu vas par là et tu finis de parler. Beaucoup de metteurs en scène travaillent comme ça, et ça tape vite sur les nerfs. Terry était un arrangeur. Il regardait ce que tu faisais et il disait, non, ça ne marche, ou ça marche, on tourne. C'était un arrangeur au sens ou il savait ce qui serait efficace à l'écran, et où la scène s'arrêterait, parce qu'il était monteur. Il savait où couper, dans sa tête. Si c'était trop long, ou si ça allait dans la mauvaise direction, il disait, non, trop rapide, ou trop lent, ou je veux que tu arrives par là et que tu regardes dans cette direction. J'ai des photos de lui debout, alors que je suis devant la caméra, comme dans Devil Rides Out, et que je l'écoute. C'est un photo avec l'équipe, la caméra, et Terry pointe le doigt vers moi. Est-ce qu'il disait, c'est la chose la plus horrible que j'aie jamais vue, et c'est toi qui as fait ça ? Ou est-ce qu'il disait, non, ça ne va pas, essaie plutôt ça ? Je n'en sais rien. Mais Terry était quelqu'un de bien, il n'aurait jamais été blessant. C'était un homme charmant. Il avait un seul problème, en ce qui me concerne. On logeait à l'hôtel, à côté de Bray, et Terry prenait généralement la chambre à côté de la mienne. Et il fumait cigarette sur cigarette. À cette époque là, les gens fumaient sur le plateau. Il avait une toux épouvantable. J'imagine que ça aurait pu le tuer, même si je sais qu'il a eu un terrible accident, deux, je crois, il s'est fait renverser, et sa jambe a été très abîmée. Mais il avait cette toux effroyable, en permanence, qu'il essayait de retenir sur le plateau, bien sûr, avec grande difficulté parfois. Mais la nuit, je ne dormais pas beaucoup, je vous le garantis, parce que ça traversait le mur comme une flèche, si on peut comparer la toux à une flèche, pointée sur moi. Je lui disais, bon dieu, tu ne peux pas prendre une autre chambre ? "Sûrement pas, c'est bien plus pratique comme ça, je peux te surveiller". Je ne sais pas ce qu'il entendait par là. Il avait un grand sens de l'humour. Je l'ai seulement vu se mettre en colère une fois. Pas vraiment, d'ailleurs. On faisait un film à Berlin, en 1963 je crois, Sherlock Holmes And The Deadly Necklace. C'était vraiment "deadly". Je dois dire que je ressemblais assez à Holmes, ils m'ont post-synchronisé avec une autre voix parce que le producteur ne voulait pas me payer le déplacement pour une journée de post-synchro, alors ils ont utilisé un acteur avec une voix anglaise tout à fait différente de la mienne. J'espère qu'on pourra corriger ça bientôt.

M.H. : 4 - Mais Terence n'était pas impliqué là dedans ?

C.L. : Oh non. On avait un merveilleux directeur artistique sur ce film, je ne souviens plus de son nom. C'était la meilleure Baker street que j'aie jamais vue. Thorley Walters jouait Dr Watson, il me faisait rire constamment. Et on avait toute une série de grands acteurs allemands, aussi bons, à leur manière, que Lawrence Olivier et John Gielgud. Je me souviens d'un jour, avant qu'on commence à tourner, on nous a tous convoqués dans le bureau du producteur, Arthur Brauner, qui est toujours en vie, et a toujours un studio à Spandau, à Berlin, nommé CCC, je ne sais pas pourquoi. Il était là, avec Terry et moi, et un autre producteur était là, Michael Henry Lester, et l'agent des héritiers de Conan Doyle, parce que sans son accord, on ne pouvait pas faire de film d'après les nouvelles de Conan Doyle, et ils avaient accepté. Et Lester et Brauner se sont lancés dans une incroyable dispute, hurlant tous les deux en allemand pendant qu'on restait là à attendre que ça se passe. Pour finir, Terry s'est levé et a dit une chose que je ne peux pas répéter ici, il s'agissait d'un mot très utilisé de nos jours dans les films. Il a dit ça et est sorti. C'est la seule fois de ma vie que je l'ai vu dire, "je n'en peux plus, c'est insupportable". Je suis sûr qu'il a eu plusieurs occasions similaires quand nous faisions les films pour la Hammer, quand il y avait des désaccords, quand on lui disait, "écoute, il faut qu'on finisse ce soir", ou autre chose. Mais il ne nous le faisait jamais sentir. Il disait seulement "plus de boue, plus de boue", quand j'étais la momie, ce que je n'appréciais pas, il déversait ça sur moi, ou "plus de sang, plus de sang", ce que je n'appréciais pas non plus. J'ai eu une terrible expérience sur Curse Of Frankenstein, quand on me tire dans l'oeil, et ils m'ont donné ce sang à garder dans la paume de la main, on appelait ça le "Kensington gore", y avait de la glycérine dedans, ce qui était très irritant. On me tire dessus et je plaque ma main sur l'oeil, et j'ai poussé le pire cri de ma vie, parce que je croyais avoir perdu un oeil. Il y avait quelque chose dans cette mixture qui m'a brûlé l'oeil, et je croyais vraiment devenir borgne. On a remplacé ça par une lentille de contact qui recouvrait l'oeil entier, comme si je n'étais pas encore assez bizarre. Des gens m'ont dit que je ressemblais à un accidenté de la route, mais c'est à ça qu'on doit ressembler quand on est fabriqué à partir de morceaux de corps différents. C'était un homme bien, un bon metteur en scène, pas sous-estimé, très apprécié et respecté aujourd'hui.

M.H. : 5 - Aujourd'hui oui, mais est-ce que c'était le cas à l'époque ?

C.L. : Je n'en ai aucune idée.

M.H. : 6 - Aujourd'hui, on le considère comme un auteur. Je me demande comment il aurait réagi à ça ?

C.L. : Il aurait ri. Il avait un merveilleux rire, comme s'il renifflait !

M.H. : 7 - Votre point commun avec Peter Cushing, c'est qu'aucun de vous n'aimait considérer les films Hammer comme des films d'horreur. Fisher préférait les appeler des films macabres.

C.L. : Je n'ai jamais aimé le terme "horreur". Son origine, c'est le système de visas, inauguré avant guerre. U, universel, A, adulte, pas dans le sens actuel, mais pour des publics plus âgés. Quelqu'un voulait les faire apparaître en vert, sur l'écran, avec un H pour horreur. Je n'ai jamais aimé ce terme, Boris Karloff non plus, parce que ça avait une connotation obscène, même si certains des films que je fais aujourd'hui le sont certainement. Révoltants, à cause des détails qu'on y ajoute. Horribles, horrifiques, dégoutants. Boris disait "fantasy", moi aussi, mais ni Boris ni moi, ni Peter ni Terry n'aimions le terme horreur. Imaginaire. Edgar Allan Poe est le premier, avec Washington Irving, Nathaniel Hawthorne, bien avant Lovecraft, c'est lui qui a vraiment inventé les contes classiques de mystère et d'imagination. On ne les appelle pas des contes d'horreur, même si certains le sont, Black Cat en particulier, une histoire terrifiante. Et Bram Stoker a écrit de nombreuses nouvelles, j'en ai enregistré quelques unes, certaines sont... pires que Dracula, croyez-moi. Ayant eu mon succès, il faudra bien que je parte un jour, et quand on a demandé à Vincent Price ce qu'il voudrait comme épitaphe, il a répondu "je reviendrai". Il m'a demandé ce que je voulais sur la mienne, et j'ai dit "je n'en aurai pas, je me ferai incinérer". Mais si j'en avais une, j'écrirais "trop tôt". Il y a un élément particulier qu'on partageait tous, et qui est si rare de nos jours. On était professionnels, on faisait notre travail le mieux possible, on riait énormément, mais ça n'entrait jamais en conflit avec notre travail, quand venait le moment de tourner. On s'amusait beaucoup, et ça n'existe pratiquement plus aujourd'hui. "vous n'êtes pas là pour vous amuser, vous êtes là pour travailler et fournir". La dernière fois où je me suis amusé sur un plateau, c'est avec George Lucas sur Star Wars, et sur Le Seigneur Des Anneaux avec Peter Jackson. On n'arrêtait pas de plaisanter.

M.H. : 8 - Un auteur que Terence Fisher a adapté avec succès était Dennis Wheatley, et votre dernière collaboration...

C.L. : C'est grâce à moi, merci. C'est mon association avec Dennis, ma connaissance de son travail et le fait qu'il soit aussi mon voisin, qui m'a permis d'avoir sa permission d'approcher la Hammer pour faire Devil Rides Out.

M.H. : 9 - C'est vous qui avez demandé Fisher pour ce film ?

C.L. : C'est bien possible. Il a fait un travail remarquable.

M.H. : 10 - Vous croyez que c'est la meilleure de toutes vos collaborations ?

C.L. : Le meilleur film que j'aie fait pour la Hammer est Taste Of Fear, mis en scène par Seth Holt. Mais ma meilleure performance est dans Two Faces Of Dr Jekyll. Je voulais jouer Jekyll et Hyde, et ils ont refusé, Je voulais jouer aussi le fantôme de l'opéra, et ils ont refusé. Je suppose qu'ils se sont dit, on ne peut pas avoir le même acteur tout le temps. Mais ils ont fait de leur mieux. Je leur dois beaucoup, je l'ai toujours dit. Je n'ai jamais dit que je n'avais pas aimé jouer Dracula, j'ai dit que ça avait dégénéré, et que je voulais arrêter de le jouer, mais j'ai toujours dit que j'étais reconnaissant de l'avoir joué, avec le succès que ça m'a apporté, et j'ai rempli mes obligations envers la Hammer. Je me souviens qu'une fois, j'avais refusé un projet, et l'un des directeurs de la Hammer m'a dit, "tu as une dette envers nous, une obligation", et j'ai dit "plus depuis des années. C'est vous qui avez une dette envers moi, à présent".

M.H. : 11 - Les deux Dracula que vous revendiquez sont en fait ceux réalisés par Terence Fisher, le premier et...

C.L. : Le meilleur, c'est celui de la nouvelle de Stoker. Aucun film ne lui a été fidèle, même la version de Coppola n'est pas ce que Stoker a écrit. Ca n'a jamais été fait. J'ai essayé de le faire en Espagne, en le jouant vieux, avec une moustache , et en rajeunissant ensuite. Ce fut un désastre. Herbert Lom en Van Helsing, Klaus Kinsky en Renfield, ce n'était pas un mauvais casting. Mais le budget était ridicule, avec un abus des zooms et des gros plans, le résultat était effroyable. Mais j'ai été fidèle au Dracula de Stoker, et j'ai insisté pour intégrer une partie du speech que Dracula fait à Harker. Ils ont trouvé que c'était une idée excellente, mais la Hammer n'a jamais voulu.

M.H. : 12 - Fisher travaillait à une adaptation de Dracula quand il est mort.

C.L. : J'ignorais ça. Horror Of Dracula m'a offert la réplique la plus difficile que j'aie jamais eu à dire en tant qu'acteur. Ce n'est pas le célèbre "I don't drink wine", que j'ai laissée tomber. Bela Lugosi l'avait jouée avec une telle emphase que c'est devenue une des répliques les plus célèbres du cinéma. Je ne pouvais pas la jouer comme ça, alors je l'ai supprimée. Parce que quand vous jouez ce personnage, presque tout le monde sait qui il est vraiment. Beaucoup de gens ont lu le livre ou vu les vieux films. Mais j'avais à dire à Jonathan Harker "Sleep well, mr Harker", je me suis dit mon dieu, comment je vais m'en sortir ? Au moment de la première à New York, j'ai noté ça dans mon livre, c'était mon anniversaire, je ne voulais pas y aller, parce que je déteste me voir à l'écran, mais on m'a forcé à y aller, parce que j'étais là pour ça. Ce n'était pas une projection de minuit, mais c'était une projection tardive, pour des acteurs, actrices et metteurs en scène, des gens qui jouaient au théâtre et venaient après leur spectacle. Je me suis assis et les gens sont entrés jusqu'à remplir la salle, et certains avaient pas mal picolé. Je ne sais pas ce qu'ils pensaient voir. Les lumières s'éteignent, le rideau s'ouvre, le visa apparaît et il y a le célèbre plan du cercueil de pierre avec le nom, et les gouttes de sang, et ils sont devenus hystériques. Moi je savais ce qui allait arriver, le fameux plan de Jonathan Harker qui a un pressentiment, se retourne et voit la silhouette en haut de l'escalier et ils ont explosé, il y a eu un tonnerre d'applaudissements, des hurlements, des rires, et moi j'étais carrément sous mon siège. Je n'ai absolument aucune idée de ce qu'ils s'attendaient à voir. Ce qu'ils ont vu, ce que tout le monde a vu depuis, c'est un type relativement normal en haut de l'escalier qui dit "Good evening Mr Harker" et il y a eu un silence absolument incroyable, comme si on avait coupé le son du film. Un silence complet pendant tout le reste de la projection. Ce qui est efficace, ce n'est pas ce qu'on voit, c'est ce qu'on ne voit pas. Laisse faire le public, disait Boris. Il imagine des choses bien pires que ce qu'on lui montre.

M.H. : 13 - Fisher aurait été ravi de cette réaction.

C.L. : Oh, je le lui ai dit, c'est dans mon journal, il le savait. C'était une des occasions qui ont beaucoup compté pour moi, à l'époque. A l'époque, j'insiste, parce que les temps ont changé.

M.H. : 14 - Fisher était un très bon artisan. La scène que vous avez évoquée a dû lui demander beaucoup de temps et de soin. Il collaborait énormément avec son directeur de la photographie ?

C.L. : Oui. Jack Asher était un remarquable opérateur, et un homme charmant. L'atmosphère de Bray, à cette époque, était très familiale. Je sais que c'est une expression galvaudée, mais c'était le cas. Tout le monde connaissait tout le monde. On se respectait tous, autant que je le sache. La première fois que j'y ai mais les pieds, on a quasiment tourné les scènes du laboratoire de Frankenstein dans une vieille masure. ce n'était pas un vrai plateau. Et on a tourné le reste dans la maison. Et bien sûr, avec les sommes énormes que le film a rapportées à l'époque, ils ont construit le premier grand plateau, où on a tourné un autre Dracula, je crois, et The Mummy. Ils ont aussi tourné The Mummy en partie à Shepperton. J'ai un souvenir très drôle. La grande procession où je suis le prêtre qui pleure la princesse, son grand amour, a été tournée à Shepperton. C'était un défilé gigantesque, et je suis là, en grand prêtre, entouré d'autres prêtres, de gardes, de guerriers. Et un des extras avait un guépard, Chiefy, au bout d'une chaîne, dans la procession. Et je ne sais pas comment j'ai réussi à garder mon sérieux. Je prenais l'air noble, triste et digne et j'ai entendu une voix derrière moi qui a dit: "si jamais je lâche cette chaîne, vous vous mettez tous à courir !" Ce n'était pas un guépard, c'était un léopard. Je le sais parce qu'il a fallu que je l'emmène dans ce célèbre hôtel de Manchester, pour la promotion du film. On arrive à cet hôtel, et je devais entrer par la porte tambour, et je rencontre la presse, et à ma stupéfaction arrive un van d'où sort un homme avec Chiefy au bout d'une chaîne. Et quelqu'un, Michael Carreras, je crois, me dit, tu emmènes Chiefy avec toi pour l'interview. Je n'arrivais pas à le croire. Vous imaginez, rester coincé dans une porte tambour avec un léopard en colère ? Et j'ai dit, je ne sortirai pas par cette porte avec le léopard. Ils nous ont fait entrer par une autre porte. Et le léopard n'était pas surpris par ce qui l'entourait, alors que le concierge, les caissiers et tous les employés ont disparu. Et j'ai entendu une voix qui disait " Faites sortir cet animal, au nom du ciel". Tout le monde a disparu, par peur des réactions de cet animal, une bête sauvage.

M.H. : 15 - Quand avez-vous vu Terence Fisher pour la dernière fois ? Vous vous souvenez ?

C.L. : Non.

M.H. : 16 - Sur le tournage de Devil Rides Out ?

C.L. : Je l'ai peut-être revu après le tournage, à une projection privée peut-être. Il n'était pas si vieux quand il est mort. Près de 70 ans ? Je ne sais plus. Mais c'est très triste. C'était un grand artisan."

Remerciements à :
- Namaroff (pour la traduction française, concernant cet entretien).

7 avril 2008. Copyright © 2004 DDVIDEO pour l'extrait vidéo. Copyright © 2008 The Hammer Collection.Net et The Hammer Collection de Daniel Frenette pour la traduction française.


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Copyright © 2006 Les Films Du Spectre.


Interview de Jimmy Sangster dans le cadre du Hammer Film Festival de Strasbourg, qui a eu lieu du 20 au 24 septembre 2006. (Questions proposées par des membres du forum "The Hammer Collection.Net")

Traduction dans les deux langues par Patrick Poulin.

First of all I'd like to thank you for agreeing to do this interview for your fans at Hammer Collection.Net. The questions I am going to ask you were compiled by fans visiting this website.

D’abord, je tiens à vous remercier d’avoir accepté de répondre à ces questions pour vos fans du Hammer Collection.Net. Les questions qui suivent sont celles des fans du site.

T.H.C. : 1 - In 1956 you wrote your first script, X the Unknown. What influenced you to write it ? For example, did you have a special knowledge of science fiction ? Had you read short stories on the same subject ?

J.S. : No, it was purely by chance, Hammer had just made a big science fiction movie, Quatermass Xperiment, which was a big success and they wanted to do another science fiction film quickly. One Monday, Michael Carerras, Tony Hinds and me, who was the production manager, were all sitting around thinking about where we could get a good science fiction subject and I said what about doing one where the monster comes from inside the earth instead of coming from outer space. Michael thought this was a good idea and wouldn' t it be a good idea if so and so . and Tony Hinds said yes and then so and so and so . and in 20 minutes we had a rough story. Then Tony told me to go away and write it. I said I wasn't a writer, I was a production manager and he replied "Well, now you're a write. Write it. Go and write it. If we like it we'll buy it". So I wrote it, they liked it, they bought it, and suddenly I was a writer.

T.H.C. : 1 - En 1956, vous avez écrit votre premier scénario, X The Unknown. Qu’elle a été votre source d’inspiration ? Par exemple, avez-vous des connaissances particulières en matière de science-fiction ? Aviez-vous lu des nouvelles sur ce sujet ?

J.S. : Non, c’était un coup de chance. Hammer venait de produire un film de science-fiction très populaire, Quatermass Xperiment, et ils voulaient présenter un autre film de science-fiction au plus vite. Un lundi, Michael Carerras, Tony Hinds et moi – j’étais alors directeur de production – nous étions assis ensemble à penser à un bon sujet de film de science-fiction, et j’ai suggéré qu’il serait intéressant d’en faire avec un monstre qui viendrait des profondeurs de la terre au lieu de provenir de l’espace. Michael a trouvé que c’était une bonne idée et Tony aussi. En vingt minutes, nous avions une première esquisse et Tony m’a demandé d’aller l’écrire. Je lui ai répondu que je n’étais pas scénariste, mais directeur de production et il m’a répliqué « Bien maintenant oui. Écris le scénario. Allez, va l’écrire. S’il nous l’aimons nous allons l’acheter. » Je l’ai donc écrit, ils l’ont aimé, ils l’ont acheté et je suis soudain devenu scénariste.

T.H.C. : 2 - Besides the work of Shelley and Bram Stoker, what were the sources that influenced you to write your first Frankenstein and your first Dracula film ?

J.S. : What made me write them ? I was employed to write them. The asked me if I would like to write a script based on Frankenstein so I rushed out and bought the book, read it and told them that I would like very much to do it. I had no previous desire or knowledge of Frankenstein. The same with Dracula. I went out and bought the book and said that I would like to do it.

T.H.C. : 2 - Mis à part les œuvres de Shelley et Bram Stoker, qu’est-ce qui vous a inspiré dans l’écriture de vos premiers films sur Frankenstein et sur Dracula ?

J.S. : D’où je me suis inspiré ? J’étais engagé pour les écrire. Ils m’ont demandé si j’aimerais écrire un scénario autour de Frankenstein, alors je me suis précipité pour acheter le livre, je l’ai lu puis je leur ai dit que j’aimerais bien le faire. Je n’avais aucune connaissance ou préférence a priori pour Frankenstein. Même chose pour Dracula. Je suis sorti, j’ai acheté le livre, et j’ai accepté le projet.

T.H.C. : 3 - Besides these two novels, were there any other sources of inspiration ?

J.S. : No. Except money, it was my job. Writing scripts was my job. If I was asked to write a script I would write it.

T.H.C. : 3 - Mis à part ces deux romans, avez-vous eu d’autres sources d’inspiration ?

J.S. : Non, rien sauf l’argent : c’était mon gagne-pain. Écrire des scénarios était mon travail, et si on me demandait d’écrire un scénario, je l’écrivais.

T.H.C. : 4 - At that time you were writing for Baker and Bergman, and you were not under exclusive contract with Hammer films. How did they feel about this ?

J.S. : I was a free lance writer, I wrote for Hammer, I wrote for Baker and Bergman, and I also wrote for a company called Warwick, I wrote a version of The Day of the Trifids for them, I wrote A Taste of Fear for someone called Sydney Box, which eventually was made by Hammer. I was free lance and could work anyway I wanted to.

T.H.C. : 4 - À cette époque, vous écriviez pour Baker et Bergman, mais vous n’aviez pas de contrat exclusif avec les studios Hammer. De quel œil voyait-on cette situation chez Hammer ?

J.S. : J’étais un scénariste indépendant, j’ai écrit pour Hammer, j’ai écrit pour Baker et Bergman, mais j’ai aussi écrit pour une entreprise nommée Warwick. J’ai écrit pour eux une version de The Day of the Trifids, et j’ai écrit pour un dénommé Sydney Box A Taste for Fear, un film qui a fini par être tourné par Hammer. J’étais scénariste indépendant et je pouvais travailler comme je le voulais.

T.H.C. : 5 - Before 1956, you worked as an assistant director. What did this entail in England at that time? What were the duties and responsibilities of an assistant director ?

J.S. : An assistant director runs the set. He makes sure the ??? turn up. The director tells him what the next shot will be and the assistant direct arranges this. If the scenery has to be knocked down or redressed, he is in complete charge of the set. It was a fun job and you are really deeply involved in the actual shooting of the movie. Then I became a production manager which wasn't such a fun job because it is just a sort of odd man type job. Difficult, very difficult. Assistant director was a fun job and I enjoyed doing it a lot. I did it for about 6 years.

T.H.C. : 5 - Avant 1956, vous avez travaillé comme assistant réalisateur. Qu’est-ce que cela impliquait en Angleterre, à cette époque ? Quelles étaient alors les responsabilités et les tâches d’un assistant réalisateur ?

J.S. : Un assistant réalisateur dirige le plateau. Il s’assure que le ??? se passe pour le mieux. [He makes sure the ??? turn up.] Le réalisateur lui dit quelle sera la prochaine scène et l'assistant réalisateur la prépare. Si le scénario doit être changé, il est entièrement responsable du plateau. C’était un travail plaisant – on est vraiment impliqué dans le tournage. Je suis ensuite devenu directeur de production, mais c’était moins bien, parce que c’est le genre de travail où on est toujours un peu en retrait. Difficile… très difficile. Assistant réalisateur était un travail qui m’a beaucoup plu. Je l’ai fait pendant 6 ans.

T.H.C. : 6 - When you writing scripts for Hammer, were any limits imposed on you, for example by producers or by the censorship code at that time ?

J.S. : I had limits imposed on me by both the producers and the censorship code. Producers placed money restrictions - Hammer was very tight fisted, but I'd been production manager and as production manager I had been responsible for budgeting movies, so I knew exactly what things cost. And I wrote within those restrictions. So I didn't write anything that I knew we couldn't afford. As for the censor, we had constant discussions with the censor. Some we won and some we lost. We'd have this trick. If there was a scene that we thought might not get past the sensor we'd write in another scene which we had no intention of shooting, but it would be a really bloody nasty scene. We knew the censor would pounce on that and say we couldn't have it. We would say "oh dear oh dear". And we'd say, "well if we take that one out can we have this one" and he would say, "Oh well alright". So we would get our scene that we wanted. We had a very good relationship with the censor. He was very fair.

T.H.C. : 6 - Quand vous écriviez des scénarios pour Hammer, vous imposait-on des limites, qu’il s’agisse de celles des producteurs ou du code de censure de l’époque ?

J.S. : Oui, les deux. Les producteur posaient des limites financières (Hammer avaient un budget très serré), mais comme j’avais été directeur de production et que j’avais déjà été responsable du budget d’un film, je connaissais exactement le coût de choses. Et j’écrivais en conséquence. Ainsi, je n’écrivais jamais rien qui soit hors de notre portée. Quant au censeur, eh bien nous étions toujours en train de négocier avec lui. Parfois on avait le dessus, d’autre fois non. Mais nous connaissions un truc. Quand nous avions une scène qui risquait d’être censurée, nous en écrivions une autre que nous ne tournerions jamais, une épouvantable scène sanguignolente. Nous savions que le censeur l’interdirait, et quand il le faisait, nous faisions « Non, c’est pas possible… Bien, si vous nous enlevez celle-là, vous devez nous laisser l’autre. », et il nous l’accordait. Ainsi nous contournions la censure. Nous nous entendions bien avec le censeur. Il savait se servir de son jugement.

T.H.C. : 7 - Now the eternal question - how did you get into directing ?

J.S. : I got into directing because of Hammer even though I had long long left Hammer - I was in America at the time, and they called me and asked me if I would do a rewrite; they wanted to do another Frankenstein, I said no. They told me I could produce it as well, and I still said no. I was happy in America. And then I said "hey wait a minute, I'll do it if I can direct as well. "They said they would call me back and in 10 or 15 minutes they said I could direct it too. So that is how I became a director, a very bad one I have to say. I was not a good director. I had more fun directing than anything I had ever done. Ralph Bates was cast in the lead, and he was one of my best mates. We had a lot of fun but the three movies I directed were pretty disastrous.

T.H.C. : 7 - L’éternelle question : comment en êtes-vous arrivé à la réalisation ?

J.S. : Je me suis mis à réaliser à cause de Hammer, même si je les avais depuis longtemps quittés. J’étais alors aux Etats-Unis, ils m’ont appelé pour me demander si je voulais refaire un scénario, ils voulaient que je fasse un autre Frankenstein, et j’ai dit non. Ils m’ont dit que je pouvais aussi le produire, et j’ai encore dit non. J’étais heureux aux Etats-Unis. Alors j’ai dit : « Attendez. Je vais le faire si je peux aussi le réaliser moi-même. » Et ils m’ont dit qu’ils me rappelleraient dans une quinzaine de minutes, puis ils m’ont laissé le film à mes conditions. C’est comme ça que je suis devenu réalisateur, un mauvais réalisateur, je dois dire. Je n’étais pas bon. J’avais du plaisir à réaliser comme je n’en avais jamais eu. Ralph Bates était en vedette, et c’était un de mes meilleurs amis. Nous nous sommes beaucoup amusés, mais les films que j’ai réalisés était plutôt ratés.

T.H.C. : 8 - Well that almost answers the next question. Looking back, how do you see today the films you directed ?

J.S. : Badly. Badly. Badly. Particularly the one in the middle, Lust for a Vampire. I didn't do anything but direct it; I didn't write it, and I didn't produce it. I was called in at the last minute to direct it. Terry Fisher was supposed to do it but he took ill - conveniently. Peter Cushing was supposed to do it but he took ill, conveniently. So I managed to talk Ralph Bates to take his part, something for which Ralph never forgave me for. The script had already been written, the sets built, the film cast, I became nothing more really that a traffic cop directing traffic. It was not a happy experience and it was a terrible movie. It had a bad script to start off with. I think if I'd had a chance to work on the script it might have been a bit better but as it was it was terrible. Terrible.

T.H.C. : 8 - Voilà qui répond presque à la prochaine question : Avec le recul, comment voyez-vous maintenant les films que vous avez réalisés ?

J.S. : Je les trouve mauvais. Surtout celui au milieu, Lust for a Vampire. Je n’ai rien fait d’autre que de le réaliser : je ne l’ai pas écrit, je ne l’ai pas produit. On m’a appelé à la dernière minute pour le tourner. Terry Fisher était censé le faire, mais il est tombé malade au bon moment. Peter Cushing était censé le faire, mais… il est tombé malade aussi. J’ai donc réussi à convaincre Ralph Bates de le remplacer, et Ralph ne me l’a jamais pardonné. Le scénario était déjà écrit, les décors construits, la distribution établie ; je me suis retrouvé dans le rôle du simple policier qui dirige la circulation. Ça n’a pas été une bonne expérience et le film fut atroce. D’abord, le scénario était mauvais. Si j’avais eu la chance de retravailler le scénario, c’aurait pu être un peu meilleur ; tel quel, c’était atroce. Atroce.

T.H.C. : 9 - Can you tell us what it was like working with Terence Fisher ?

J.S. : With Terence ? I worked with Terence as his assistant director. He was a joy to work with. He knew exactly what he wanted which always helps. It always helps when the director knows exactly the set ups he wants and what he wants to do. He was a gentle man, quiet, a joy to work with, just a very nice guy. When I became a writer I had very little to do with him because as a writer I was never on the set. I'd deliver the script and maybe a couple of weeks before we started shooting, he would ask if we could sort of change that speech here, or that speech there and I'd do it and that was it.

T.H.C. : 9 - Pouvez-vous nous raconter comment c’était travailler avec Terence Fisher?

J.S. : Avec Terence? J’ai été son assistant réalisateur. C’était un plaisir de travailler avec lui. Il savait exactement ce qu’il voulait, ça aide toujours. C’est vraiment commode que le réalisateur sache comment il veut que soit son plateau, et tout ce qu’il veut faire. C’était un gentleman, tranquille, de bonne compagnie, bref, c’était un bon gars. Quand je suis devenu scénariste, je ne le voyais presque plus, parce qu’un scénariste n’est jamais sur le plateau de tournage. Je rendais le scénario, puis, quelques semaines avant le tournage, il me demandait si je pouvais modifier telle réplique, retoucher celle-là ; je le faisais, et puis c’était tout.

T.H.C. : 10 - Using very contemporary vocabulary, we could refer to the Hammer family as sort of a dream team. Do you have a special stories that you like to tell us about the Hammer family ?

J.S. : The main thing about the dream team - this is a very romantic term - is that we were sort of like a repertory company. We had the same crew. Before the Gothics, we were making 8 or 10 movies a year and we'd shoot a movie in four weeks, then a new director would come in, and we'd use the same crew and as I say it was like a repertory company, one big family, which didn't start breaking up until Hammer started getting ? , which was after I left. It was pretty much a repertory company until I left.

T.H.C. : 10 - Nous pourrions employer une expression courante pour décrire la famille Hammer comme une sorte d’équipe de rêve. Avez-vous des anecdotes à nous raconter sur la famille Hammer ?

J.S. : Ce qu’il faut dire de cette « équipe de rêve » (c’est un terme très romantique), c’est que nous étions un peu une entreprise de répertoire. Nous avions le même personnel. Avant les films gothiques, nous produisions huit ou dix films par année et nous tournions un film en quatre semaines, puis un nouveau réalisateur arrivait, nous employions le même personnel et, comme je l’ai dit, c’était comme une entreprise de répertoire, une famille, une famille qui ne s’est séparée que lorsque Hammer s’est mis à [ ? = « didn't start breaking up until Hammer started getting ? » Sous toutes réserves, il est probable que le mot manquant est "décliner".], et c’était après mon départ. Jusqu’à mon départ, c’était plutôt comme une entreprise de répertoire.

T.H.C. : 11 - Why do you think Hammer was so successful ? Besides the dream team, meaning the impact it had on the public.

J.S. : I think Hammer was successful because Sir James Carerras knew how to sell. He had a pretty solid idea of what the market was going to be. He'd aim for that market and most often he got it dead right. He was a very good salesman. He was head of the company, he owned the company, he ran the company and in the twelve years I was working on the set, he came down to the studios twice. He hated it. He would come down and there would be about 30 men sitting there doing nothing because there is a lot of sitting around on a movie set. He just couldn't handle it. He was thinking that he was paying all these people to sit around and do nothing. So he would go back to the office and make another deal, which he was very good at, and that was it. He was very very good at it. Very good.

T.H.C. : 11 - Selon vous, pourquoi Hammer ont-ils eu du succès ? Qu’est-ce qui explique la réaction du public ? 

J.S. : Je pense que c’est parce que Sir James Carerras savait comment vendre. Il avait une vision très solide du marché. Il visait un marché particulier, et la plupart du temps, il visait juste. Il était très bon vendeur. Il était à la tête de l’entreprise, il possédait l’entreprise, il dirigeait l’entreprise, et dans les douze années que j’ai passé sur ses plateaux de tournage, il n’est venu aux studios que deux fois. Il détestait ça. Il venait et il y avait une trentaine de personnes assises à ne rien faire, comme cela arrive souvent sur un plateau de tournage. Il ne pouvait pas le supporter. Il croyait qu’il payait ces gens à ne rien faire. Alors il retournait dans son bureau et y brassait ses affaires, ce en quoi il excellait, et c’était tout. Il était très bon là-dedans. Très bon.

T.H.C. : 12 - In the 1970s, things began to go wrong for Hammer and there was a downhill slide. Do you have any explanation for this ?

J.S. : No, I was long gone by then. I was not even in the country, I was in American by then. Maybe if they had called me I could have saved them (laughter). But I think the actual style they originally did was the type of picture they wanted to expand on. So they tried to make them more bloody, more sexy and people began to loose interest. They just didn't work.

T.H.C. : 12 - Dans les années 70, les choses se sont mises à mal aller et les studios Hammer ont connu une baisse. Pourquoi selon vous ?

J.S. : Je ne sais pas, ça faisait longtemps que j’étais parti. Je n’étais même pas en Angleterre, j’étais alors aux Etats-Unis. S’ils m’avaient téléphoné, peut-être que j’aurais pu les sauver ? (Rire.) Non, mais je pense qu’ils voulaient approfondir le style de film qu’ils faisaient au départ. Alors ils les ont fait plus sanglants, plus sexy, et les gens ont commencé à s’en lasser. Ça ne marchait pas du tout.

T.H.C. : 13 - Are you surprised that the films that were made during Hammer's peak period, the golden age so to speak, are still successful today ?

J.S. : I am astounded. I am astounded; I go to film festivals and I look at the audience there, and there about 50 or 60 people who weren't even born when I made these films and yet the movies continue to entertain. I don't understand it I'm afraid. I'm delighted, but I don't understand it.

T.H.C. : 13 - Êtes-vous surpris que les films produits durant « l’heure de gloire » de Hammer connaissent encore autant de succès ?

J.S. : Je suis sidéré. Complètement. Je vais dans des festivals de films et je regarde les spectateurs, et je vois au moins cinquante ou soixante personnes qui n’étaient même pas nées au moment où j’ai tourné ces films, et pourtant ces films marchent encore. Vraiment, je ne comprends pas. Je suis enchanté, mais je ne comprends pas.

T.H.C. : 14 - Quite a few horror movies are being remade, and some would say in a very unimaginative way. Is there a particular script writer doing fantastic or horror films today that you admire ?

J.S. : I admire Tim Burton very much, Wes Craven originally, John Carpenter; Writer, I can't specify any writers actually. I can't think of any. The directors I mentioned are pretty reliable. I may not always like what they are doing but they do it well. Especially Tim Burton.

T.H.C. : 14 - Quelques films d’horreur connaissent des remakes, parfois sans beaucoup d’imagination. Y a-t-il un scénariste d’horreur ou de fantastique que vous admirez particulièrement ?

J.S. : J’admire beaucoup Tim Burton. Les débuts de Wes Craven, John Carpenter. Quant aux scénaristes, je ne saurais en nommer un en particulier. Aucun ne me vient en tête. Les réalisateur que je viens de nommer sont très solides. Je n’aime pas tout ce qu’ils font, mais ils le font bien. Surtout Tim Burton.

T.H.C. : 15 - One last question, Jimmy, about your book Inside Hammer. Your French speaking fans are very eager to have a French language version on the market. Is this being planned ?

J.S. : Not to my knowledge. I'll have a work with my publishers and se what they say.

T.H.C. : 15 - Une dernière question, Jimmy, sur votre livre Inside Hammer. Vos fans francophones ont très hâte d’avoir accès à une traduction française. Y-a-t-il quelque chose de prévu en ce sens ?

J.S. : Pas à ma connaissance. Je vais voir avec mes éditeurs ce qu’ils en pensent.

Thank you very much Jimmy for you enthusiastic participation.

Merci beaucoup Jimmy pour votre collaboration enthousiaste.

Consuelo Holtzer

Remerciements à :
- M. Jimmy Sangster (pour avoir grâcieusement accepté de répondre à cet entretien).
- M. Daniel Cohen (Les Films Du Spectre), pour avoir accepté que cet entretien ait lieu dans le cadre du Hammer Film Festival de Strasbourg. Sans lui, cet entretien ne serait pas sur le site. Je lui en suis très reconnaissant.
- M. Consuelo Holtzer (pour avoir posé les questions à M. Sangster. C'est très gentil.).
- Erwan Van Helsing, heavy mental, Beli Lugosa, fbenetez, phibes et Daniel Frenette (pour avoir proposé des questions).
- Patrick Poulin (mon neveu, pour la traduction dans les deux langues, concernant cet entretien).

17 février 2007. Copyright © 2007 The Hammer Collection.Net et The Hammer Collection de Daniel Frenette.


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Entretien de Daniel Frenette avec Ingrid Pitt

Traduction française de Francis Moury (samedi 04 février 2006, 2h05 du matin)

Dear Daniel, Sorry I haven't answered your questions earlier. I hope they are what you wanted to hear. Besos Ingrid Pitt.

Cher Daniel, navrée de n’avoir pu vous répondre plus tôt. J’espère que mes réponses vous donneront satisfaction. Bisous [en espagnol - N.d. F.M.] Ingrid Pitt

D.F. : 1 - How did you first contact with horror movies and especially with Hammer ?

I.P. : That started in Spain. I was discovered at a bull fight crying for the bull, by Ana Mariscol. I then did two or three horror films before going to America. After doing Where Eagles Dare I met James Carreras at a film party in London and he talked me into doing a couple of films for him. From that came the Wicker Man. That's about my entire career in horror films.

D.F. : 1 - Comment s'est fait votre premier contact avec le cinéma fantastique et plus particulièrement avec la Hammer Films ?

I.P. : Tout a commencé en Espagne. J’ai été découverte par Ana Mariscol lors d’une corrida car elle avait remarqué mes émotions pendant le combat : je pleurais pour le taureau. J’ai alors tourné 2 ou 3 films fantastiques avant d’aller en Amérique. Après avoir tourné Quand Les Aigles Attaquent, j’ai rencontré James Carreras au cours d’une soirée cinématographique à Londres et il m’a proposé de tourner pour lui un ou deux films. C’est à cause de cette rencontre que je me suis finalement retrouvée dans The Wicker Man. Ces précisions vous fournissent l’essentiel de ma carrière en tant qu’actrice de films fantastiques.

D.F. : 2 - How did you get your parts in The Vampire Lovers and Countess Dracula ? Besides your personnal talent, did you have any introduction or recommandation near Hammer people ?

I.P. : I think that was answered in the last question. It was purely a chance meeting with the Hammer boss that got me Vampire Lovers. I heard about Countess Dracula drom a couple of people talking and went to see James. He was considering asking Diane Rigg but I talked him out of it.

D.F. : 2 - Comment avez-vous obtenu vos rôles dans les films The Vampire Lovers et Countess Dracula ? À part vos qualités, aviez-vous des contacts ?

I.P. : Je pense avoir déjà répondu. Ce fut purement le hasard, vous savez, cette rencontre avec le patron de la Hammer et ce tournage de Vampire Lovers. Quant à Countess Dracula, j’avais entendu deux ou trois personnes en parler et je suis allé trouver James. Il envisageait Diana Rigg pour le rôle mais je l’ai persuadé de me l’offrir.

D.F. : 3 - About your part of Carmilla, which is an ambivalent one since you are as well victim as huntress, how did you consider it before playing it ? What was the main pattern of the character, that you did want to express ? Did another actess influence your way of acting this part ?

I.P. : I'm afraid the methodology of acting is beyond me. I turn up, read the part, if I like it I do it as long as the money is right. At the end of the film, clutching money in hand I leave.

D.F. : 3 - Votre rôle de Carmilla dans Vampire Lovers est très ambiguë. Celle-ci semble autant victime que prédatrice. Quel est votre avis sur votre composition et quels étaient les sentiments dominants, que vivait Carmilla, que vous tentiez de faire ressortir dans le film, vu sa condition de femme vampire, seule et passionnée, face à des hommes cherchant à l'éliminer ? L'influence d'une autre actrice vous a t-elle aidé à aborder ce rôle ?

I.P. : J’ai peur que la “méthode” du métier d’acteur soit une notion qui me dépasse. Si l’idée qu’on me propose m’excite, je lis mon rôle et, s’il me plaît vraiment, alors je me donne à fond jusqu’à ce que je sois payée. Et à la fin du tournage, une fois que j’ai l’argent en poche, je m’en vais.

D.F. : 4 - About the nude scenes, two versions exist : which one is true ? In your interview by FANTASTIKA (number 14), you have told that it was a very natural thing in your opinion. But according to others, you had to drink some liquor before shooting them, to give you some courage.

I.P. : Probably both are right. But I didn't quaff the booze to get Dutch courage. If you've got it, flaunt it. You don't have it for long. I enjoyws [faute de frappe : “I enjoy” ou “I enjoyed”(N.d.FM)] doing nude scenes.

D.F. : 4 - À propos des scènes de nudité, il semble y avoir deux versions contradictoires. En effet dans un entretien dans la revue FANTASTIKA (numéro 14) , vous déclariez que vous n'étiez pas gênée du tout par la nudité, chose très naturelle pour vous. Une autre version disait que vous deviez boire avant chacune des scènes. Qu'en est-il exactement ?

I.P. : Eh bien les deux versions sont en partie vraie. Mais je n’avais pas besoin de boire de grandes lampées ni de puiser mon courage dans la bouteille. Lorsque vous avez un beau corps, n’hésitez pas à le montrer ! Car il ne restera pas beau longtemps. J’aime [ou « J’ai aimé » - impossible de savoir le temps employé à cause de la faute de frappe dans l’original (N.d.F.M.)] tourner les scènes de nu.

D.F. : 5 - Did you think of yourself as a sex-symbol in the 1970 ?

I.P. : I didn't sit around thinking about it but there was enough in magazines and newspaper to give me a fairly informed guess that it was how others thought of me. Very flattering.

D.F. : 5 - À cause de votre charme et de votre beauté physique, vous considériez-vous comme un '' sex symbol '' dans les années 1970 ?

I.P. : Franchement, je vous avoue que je ne suis jamais restée assise des heures en y réfléchissant. Disons qu’il y avait suffisamment de magazines et de journaux me permettant de penser que c’était la manière dont les autres pouvaient me voir. Très flatteur.

D.F. : 6 - Have you any precise memories or anecdotes about Peter Cushing in Vampire Lovers ?

I.P. : Plenty. One in particular. It was the anniversary of my father's birthday and Peter and Helen bought me a great big cake and invited the whole cast and crew to join in the celebration. As everyone says. He was a lovely man.

D.F. : 6 - Quels souvenirs conservez-vous de Peter Cushing dans Vampire Lovers ?

I.P. : Pleins de souvenirs ! Un en particulier. C’était l’anniversaire de mon père : Peter et Helen m’ont achetée un énorme gâteau et ont invité toute l’équipe de tournage et les autres acteurs à la fête. Tout le monde l’a dit : c’était un homme adorable.

D.F. : 7 - About Countess Dracula : did you know the actual story of countess Bathory ? Did you want to express a precise aspect of the character ? If yes, which one ? Any memory about the shooting ?

I.P. : In my book Murder, Torture and Depravity I went into the whole background of Countess Nasdy's life and trial. I think most of it was a put up job by her cousin who wanted to grab her estates. No doubt she was a nasty piece of work. I wanted to see more blood and torture in the film by the Director Peter Sasdy was trying to shot Pride and Prejudice, I think. He maybe felt having Dracula in the title a bit demeaning.

D.F. : 7 - Parlez-nous de Countess Dracula. Comment vous êtes-vous préparée pour ce rôle ? Aviez-vous lu précédemment l'histoire de la comtesse Bathory et y a t-il des aspects de celle-ci que vous teniez plus particulièrement à faire ressortir ? Avez-vous des anecdotes concernant ce film ?

I.P. : Dans mon livre “Meurtre, Torture et Dépravation”, j’ai étudié attentivement le cas de la véritable Comtesse, sa vie et son procès. Je pense que c’était essentiellement un coup monté par son cousin qui voulait s’approprier ses biens immobiliers. Bien sûr, ce n’était certainement pas une sainte ! J’aurais personnellement souhaité qu’on puisse voir davantage de sang et de torture dans le film mais le réalisateur Peter Sasdy avait en tête tout autre chose : il voulait donner sa version de Pride and Prejudice, à mon avis. Le fait d’avoir le nom « Dracula » dans le titre lui semblait peut-être aussi un peu dégradant.

D.F. : 8 - Some people say that the director Peter Sasdy would have your voice dubbed in Countess Dracula ? Is it true ? If yes, why - and by which one were you dubbed ?

I.P. : All I can remember was that after telling me everything was fine he dubbed my voice. The only time that has happened in thirty odd films.

D.F. : 8 - Peter Sasdy aurait semble t-il demandé à ce que votre voix soit doublée dans Countess Dracula. Pourquoi et par qui a t-elle été doublée ?

I.P. : Tout ce que je peux vous dire, c’est qu’après m’avoir dit que tout était parfait, il m’a faite doubler. Au cours de ma carrière qui compte une trentaine de films, c’est l’unique fois où une telle chose m’est arrivée.

D.F. : 9 - Others say that another version of Countess Dracula exists with your own voice ? Any way to screen it or purchase it ?

D.F. : 9 - Il semble également qu'une version remontée avec votre voix existe. Comment peut-on la visionner et se la procurer ?

[pas de réponse : Ingrid Pitt confirme par son silence que la seule version existante est la version doublée (N.d.F.M.)]

D.F. : 10 - Your two parts as huntress in Hammer made you a kind of female Christopher Lee. It was not so common before to see on screen evil female characters, from that studio. In some occasion Barbara Shelley (in Dracula : Prince Of Darkness) or Jacqueline Pearce (in The Reptile) but they still had a "victim" aspect. Would you say that it was possible to act those parts because of the "women liberation movement" of that time ? Any other reason ?

I.P. : I think you are right. Carmilla was the first out and out villainess that Hammer conjured up. And I don't think it had anything to do with the Feminist Movement. It had everything to do with the demand for T & A. And long may it last.

D.F. : 10 - Vos deux rôles en tant que prédatrice, au sein de la Hammer, ont fait de vous le pendant féminin de Christopher Lee en tant que Dracula. Rarement auparavant des personnages féminins versés vers le Mal, ressortaient de façon aussi forte chez ce studio. Il y avait bien eu par exemple Barbara Shelley en femme vampire dans Dracula : Prince Of Darkness, ou Jacqueline Pearce dans le rôle de la femme reptile dans The Reptile, mais celles-ci étaient plus des victimes que de véritables prédatrices. Diriez-vous que cela a été possible de montrer la femme sous cet angle, à cause de la seule libération des moeurs de l'époque, où y voyez-vous d'autres raisons ?

I.P. : Je pense que vous avez raison. Carmilla fut vraiment la plus méchante héroïne jamais filmée par la Hammer. Rien à voir avec les mouvements féministes. Mais tout à voir avec la demande de l’époque pour T&A [« Tits & Ass » = « Nichons et paires de fesses » ou « Belles poitrines et belles fesses »] ! Qu’une telle demande puisse exister longtemps, tel est mon souhait !

D.F. : 11 - Had you another project with Hammer ? If yes, which one ? If not, why ?

I.P. : Roy Skeggs, one of the Hammer Company Directors suggested, at my prompting, that I wrote a film for myself. The result was Osmosis. It was on their schedules for a couple of years before the company died. It wasn't a great lose. I sold it to another company and after being paid for six re-writes the film was finally dropped. A nice little earner.

D.F. : 11 - Était-il prévu à l'époque de vous faire jouer dans un autre film au sein de la Hammer ? Était-ce votre intention ? Si oui, quel en aurait été le titre et votre rôle dans ce film ? Pourquoi cela ne s'est-il pas réalisé ?

I.P. : Roy Skeggs, un des réalisateurs de la Hammer [en fait le comptable : la mémoire d’Ingrid est défaillante sur ce point (N.d.F.M.)] m’avait suggéré d’écrire moi-même un film dont j’aurais la vedette. Le résultat fut « Osmosis » [Osmose]. Pendant les deux ans qui précédèrent la mort de la société, ce projet fut sur les rails de leur planning. Mais ce n’était pas une grosse perte. Je l’ai vendu à une autre société, ai été payé pour le réécrire six fois de suite avant que le projet soit finalement abandonné. Une jolie manière de gagner de l’argent.

D.F. : 12 - Did you ever met Christopher Lee ? Did Hammer plan to feature you together in one movie ? And if you ever met together, which memory do you keep about him ?

I.P. : I've actually done two films with Christopher. We still meet quite often at parties, conventions, film premieres and suchlike. We're friends but not buddies. I find him warm, friendly and always good company. I even went too a festival in Teheran with him back when the Shah was heading up Iran.

D.F. : 12 - Avez-vous personnellement cottoyé Christopher Lee ? Était-il dans les plans de la Hammer de vous faire jouer ensemble dans un film ? Quels souvenirs gardez-vous de lui ?

I.P. : J’ai tourné deux films avec Christopher. Nous nous rencontrons régulièrement à des soirées, des conventions, des premières et autres évènements du même genre. Nous sommes amis mais pas familiers. Il est chaleureux, amical et toujours de bonne compagnie. Je m’étais rendue à un Festival en Iran en sa compagnie à l’époque où le Shah dirigeait encore ce pays.

D.F. : 13 - Can you tell us something about the "most seen in Hammer" actor Michael Ripper, unfortunately dead by now ?

I.P. : Never did a film with him although we often met. I was in Washington with him when he did his last public appearance. He looked fine but I believe he was suffering from Alzeimers Disease at the time. A very nice man.

D.F. : 13 - On sait que Michael Ripper, aujourd'hui malheureusement décédé, a été l'acteur ayant joué le plus souvent, malgré ses petits rôles, dans les films de la Hammer. Pouvez-vous nous parlez de lui ?

I.P. : Nous n’avons jamais tourné ensemble, mais nous sommes souvent croisés. J’étais avec lui à Washington lors de sa dernière apparition en public. Il semblait en bonne santé, mais je crois qu’il souffrait de la maladie d’Alzeimer à cette époque. C’était un homme très gentil.

D.F. : 14 - Would you regret not to have been directed by Terence Fisher ? If yes, why ?

I.P. : Let.s say that if Terry Fisher had directed Countess Dracula it would have been a much better film. And I wouldn't have lost my voice.

D.F. : 14 - Auriez-vous aimé être dirigée par un réalisateur tel que Terence Fisher et pourquoi ?

I.P. : Eh bien, disons que si Terry Fisher avait réalisé Countess Dracula, le film eût été bien supérieur. Et je n’aurais pas perdu ma voix.

D.F. : 15 - Can you tell us about your best and about your worse memory from your Hammer experience ?

I.P. : Best experience was the work and the worst the money.

D.F. : 15 - Parlez-nous de votre meilleur et de votre pire souvenir concernant votre passage chez la Hammer.

I.P. : Mon travail était le meilleur côté de la chose ; mais les questions d’argent étaient le pire côté de la chose.

D.F. : 16 - Tell us your impressions about the movies that you made after Hammer ones ?

I.P. : There wasn't a lot after Hammer. The Wicker Man, Who Dares Wins. A lot of theatre and some TV. I had to leave England and go and life in Argentina for a few years for personal reasons and while I was there I started to write. I still do the occasional cameo role. Made two film last year. Now, after 14 books, I consider myself a writer with acting pretensions.

D.F. : 16 - Comment s'est passé votre expérience cinématographique postérieure à la Hammer Films ?

I.P. : Je n’ai pas fait grand chose après la Hammer. The Wicker Man, Who Dares Wins [Commando]. Beaucoup de théâtre et un peu de télévision. J’ai dû quitter l’Angleterre quelques années et pour des raisons personnelles, je me suis installée en Argentine. J’ai commencé à écrire là-bas. Il m’arrive encore de faire quelques apparitions fugitives. J’ai tourné deux films l’année dernière. Aujourd’hui, avec 14 livres à mon actif, je me considère plutôt comme un écrivain ayant des capacités d’actrices.

D.F. : 17 - What is, as an actress, the movie you played in that remains your favorite one ?

I.P. : Can't answer that. They were all fun for one reason or another. The one I hope will be the best is one I wrote for myself and I have just sold to a production company. Whether or not they want me in it is another matter. But I live in hope.

D.F. : 17 - Dans tous les films dans lesquels vous avez joué, lequel est votre préféré en ce qui a trait à votre performance ?

I.P. : Je ne peux pas répondre à cette question. Ils m’ont tous procuré de la joie pour une raison ou pour une autre. Le meilleur, je l’espère, est celui que j’écris pour moi et que je viens juste de vendre à une société de production. Qu’ils me choisissent ou non pour jouer dedans est une autre histoire. Mais j’ai une grande faculté d’espérance.

D.F. : 18 - About your Internet site www.pittofhorror.com : was it your idea right from the start or was it to fulfill your fans' requirements ? What is the purpose of your site ?

I.P. : The internet site was started by a fan about ten years ago. Maybe a bit more. The main reason, I think, was to sell memorabilia. When he got fed up with it someone took it over for a short while and when he dropped it my niece Simone stepped. There is now a forum where I kept in touch with fans and they air there some times controversial views. We still sell photos and memorabilia, and tell anyone who might be interested what I am up to. It also has a short history of Hammer films from the start. I am writing the full story for Hammer called THE HAMMER XPERIENCE we are hoping will be in the shops for Christmas 06.

D.F. : 18 - Vous avez un site officiel sur internet : www.pittofhorror.com. Était-ce votre idée au départ d'avoir un tel site, ou était-ce une demande de vos fans ? Quels étaient et sont toujours vos objectifs concernant ce site ?

I.P. : C’est un fan qui l’a fondé, il y a 10 ans environ, peut-être un peu plus. Ma raison principale était de vendre des souvenirs. Lorsque celui-ci en a eu assez, un second a pris sa place quelques temps et lorsque ce second a abandonné à son tour, ma nièce Simone a pris le relais. On y trouve un forum où je parle avec mes fans et parfois de bonnes discussions. On y vend toujours des souvenirs, des photos. On peut tout savoir sur moi si on s’intéresse à moi en allant là-bas. On y trouve aussi une petite histoire de la Hammer, depuis ses origines. Je suis en train d’écrire l’histoire complète de la Hammer : cela s’intitulera THE HAMMER EXPERIENCE. J’espère que le livre sera en vente dans les boutiques pour Noël 2006.

D.F. : 19 - Do you believe that Hammer will reborn again ? I am refering to the news on the official Hammer website, dated august 14th 2003 telling that the studio intended to produce again.

I.P. : Who Knows? I've done my bit to try and spark a revival but as of this moment I cannot see a whole lot of movement. But I live in hope.

D.F. : 19 - Croyez-vous à un retour de la Hammer Films et selon vous est-ce souhaitable, vu son statut de studio culte ? Je fais allusion à plusieurs annonces qui ont été faites par le passé, ainsi que sur le site officiel de la Hammer (Voir la nouvelle du 14 août 2003), comme quoi le studio comptait réaliser ou produire à nouveau des films.

I.P. : Qui sait ? J’ai pris ma part du fardeau pour tenter de rallumer et faire à nouveau briller l’étincelle Hammer. Mais pour l’instant je ne vois pas grand chose se profiler à l’horizon. Enfin comme je vous l’ai déjà dit, j’ai une grande faculté d’espérance.

D.F. : 20 - Can you tell us something about www.hammerglammerfilms.co.uk and about Three For Hell where you act along with Steffanie Pitt, Veronica Carlson and Caroline Munro ?

I.P. : This was originally supposed to go with the Horror Channel. In the middle of putting the film together the company was sold. At the moment my people are negotiating with the new owners. We hope to have a deal in the near future. That is about it. Thank you for your interest and good lick.

D.F. : 20 - Parlez-nous de ce site : www.hammerglammerfilms.co.uk et de cette réalisation Three For Hell, qui regrouperait en plus de vous-même, Steffanie Pitt, Veronica Carlson et Caroline Munro ?

I.P. : À l’origine c’était pour Horror Chanel. Mais pendant la post-production la société a été vendue. En ce moment, je discute avec les nouveaux patrons. On espère arriver à un « deal » dans un futur proche. Voilà. Merci de votre intérêt et bon pourléchage de babines [« cinéphiliques », sous-entendu ! (N.d.F.M.)] !

Remerciements à :
- Mme Ingrid Pitt (pour avoir grâcieusement accepté de répondre à cet entretien).
- Mme Simone Trace (Attachée de presse de Mme Pitt, pour sa gentillesse lors des communications).
- fbenetez, Lou Costello, phibes et Daniel Frenette (pour avoir proposé des questions).
- erwan van helsing (pour les suggestions concernant la structure des questions).
- Francis Moury (pour la traduction dans les deux langues, concernant cet entretien).

05 février 2006. Copyright © 2006 The Hammer Collection.Net et The Hammer Collection de Daniel Frenette.


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Entretien avec Daniel Frenette

Je vous écrit ici l'interview intégral (dans sa version longue), que j'ai accordé, le 25 juin 2005, à M. Eric Escofier dans son fanzine Les Monstres De la Nuit (volume 7 : Spécial Terence Fisher). Il est à préciser que cet interview a été écourté quelque peu dans le fanzine pour une question d'espace et de coût. Je tiens à le féliciter pour son excellent travail et vous encourage fortement à vous procurer ce numéro, qui est entre autres disponible sur le site de vente Sin'Art. Merci encore à M. Escofier de m'avoir accordé cet entretien.




Pour les internautes et grands admirateurs de la Hammer Films, je leur conseille d'aller sur ce site canadien crée par Daniel Frenette, dont je remercie sincèrement d'avoir répondu à mes questions. Donc voici en noir sur blanc, le chemin d'un passionné de cinéma fantastique.

M.N. : Je suppose que cette passion pour la Hammer doit remonter à votre enfance, avez vous un souvenir bien précis ?

D.F. : D'abord je veux vous remercier pour ce privilège que vous m'accordez de paraître dans votre fanzine "Les Monstres De La Nuit". Surtout celui consacré à Terence Fisher, qui, il va s'en dire est un de mes réalisateurs fétiches.

En effet, l'attrait pour l'horreur et l'étrange date de ma plus tendre enfance. Je me rappele que ma passion pour ce genre de cinéma, en particulier les films de la Hammer, a commencé très jeune. Je vous dirais vers mes 9 ans, soit vers 1970. Ma mère qui est décédée en 1992, adorait également ce genre de film. Elle doit y être pour beaucoup dans cette passion qui m'habite aujourd'hui.

Il faut dire que ces films passaient couramment à la télévision au Québec, pendant le jour sur nos écrans en noir et blanc. Le pire c'est que la nuit, j'en faisais des cauchemars au point où j'allais coucher dans le lit de mes parents.

Je me rappele qu'à mes huit ans, j'avais reçu une maquette de maison hantée à coller, à laquelle j'ajoutais des cartons aux fenêtres, avec des fantômes et des vampires, etc. Le goût des monstres s'est continué avec les personnages à coller de la Universal (Dracula, Momie, etc.), dont certaines pièces brillaient dans le noir. J'avais la "chienne", mais j'aimais ça. À cela s'ajoutaient aussi les peurs enfantines des monstres sous le lit et dans les garde-robes. Je me souviens même avoir eu en cadeau un monstre de Frankenstein, qui, lorsque activé, perdait ses culottes et devenait tout rouge au niveau du visage.

Un peu plus tard, je collectionnais les bandes dessinées de la Marvel de Frankenstein et Dracula, éditées en français par Les Éditions Héritages en plus de d'autres super héros, bien sûr. Je les ai d'ailleurs encore en ma possession. J'ai une âme de collectionneur.

J'aimais bien à mon adolescence les revues Creepy et Vampirella, qui parlaient de mes films d'horreur et de science-fiction favoris. Car j'aime également beaucoup les films de science-fiction et en particulier les films des années 1950 (La Guerre Des Mondes, Le Jour Où La Terre S'Arrêta, La Machine À Voyager Dans Le Temps (1960), Les Soucoupes Volantes Attaquent, etc.). Ces films reflètent très bien les peurs qui étaient omniprésentes à cette époque comme la peur du nucléaire, et les modifications génétiques, dû aux radiations, la peur de l'autre (en particulier les communistes), qui étaient représentés sous le thème de l'invasion extraterrestre, etc.

M.N. : Votre premier film a dû vous marquer, quelles ont été vos impressions ?

D.F. : J'ai à vrai dire de vagues souvenirs, et ne puis vraiment dire quel a été le premier film que j'ai vu. Je me rappele par contre de scènes qui m'ont effrayés dans l'enfance. Le début de Kiss Of The Vampire (Le Baiser Du Vampire), où lors de l'enterrement, le professeur Zimmer (Clifford Evans) projette la pelle au travers du cercueil, et que la femme vampire se met à hurler de douleur, avec le sang qui surgit, m'avait fait courir à ma chambre. J'avais demandé à mes parents de fermer la télévision, tellement j'avais peur.

Je me rappele aussi d'une scène très vague, car je n'ai pas revu le film depuis, de Caltiki. Si je me souviens bien cela se passait dans une grotte, où un scaphandrier était descendu dans les profondeurs d'un lac. Lorsqu'on l'avait remonté, il était à l'état squelettique sous le scaphandre. Je pense aussi à Brides Of Dracula (Les Maîtresses De Dracula) qui m'avait également impressionné. La scène où la Baronne Meinster entre dans l'auberge, tout de noire vêtue, était restée gravée en ma mémoire.

Au niveau de la télévision, ma série culte reste la série originale The Outer Limits (Au-Delà Du Réel), que j'ai encore un grand plaisir à visionner aujourd'hui. Une des scènes de cette série, qui m'a frappé autant au niveau du désarroi vécu par le personnage que par l'ambiance appuyée par une musique très caractéristique de cette série, se retrouve entre autres dans l'épisode A Feasibility Study (La Visite Des Luminois) (1964). C'était la scène où un homme conduisant sa voiture se retrouve hors du quadrilatère terrien, sur la planète hôte dans une sorte de brouillard, et aperçoit des extraterrestres de ''pierre'', se dirigeant vers lui. Bien sûr il y a beaucoup d'autres exemples de scènes dans cette série qui m'ont frappé.

La première saison de la série Space 1999 (Cosmos 1999), fut une belle découverte à mon adolescence, que j'ai encore plaisir à visionner aujourd'hui.

M.N. : Vous habitez le Canada, y avait-il des salles spécialisées pour ce genre fantastique ?

D.F. : Si vous me le permettez, je vais plus parler du Québec, vu que j'y habite et que c'est l'endroit que je connais le mieux. À ma connaissance, il n'y a jamais eu de salles spécialisées dans le cinéma fantastique au Québec, contrairement à la France, qui avaient des salles comme "Le Colorado", "Le Brady", "Le Midi-Minuit" par exemple. Les seules rares salles spécialisées dont je me rappele ("Midi-Minuit" et "Cinéma Pigalle") étaient situées sur la rue St-Joseph à la basse-ville de Québec, dans le quartier St-Roch et présentaient des films XXX. Elles n'existent plus aujourd'hui.

Je n'en connais pas la raison à vrai dire. Il est probable que ce genre de film dans les années 1950 et 1960 n'avaient pas la faveur d'un assez grand nombre de personnes pour pouvoir faire vivre ce genre de salle. De plus la religion et l'état, qui étaient très liés à l'époque, ne devaient pas encourager le bon peuple à aller voir ce genre de film en salle.

Il faut savoir que c'était des religieux de "L'Office Des Communications Sociales", qui donnaient des "appréciations morales" aux films à l'époque. Cela me fait encore rire de voir ce qu'on disait de La Nuit Du Loup-Garou (The Curse Of The Werewolf) (1961). Je vous en cite un extrait : « Cette nouvelle mouture de la vieille légende du loup-garou est un mélange abracadabrant de bêtise et de mauvais goût. La mise en scène est quelconque ; la couleur, tirant sur le rouge, est désagréable, et les interprètes jouent de façon quelconque. Appréciation morale : L'invraisemblance du sujet ne saurait excuser cette exploitation malsaine d'effets sadiques et suggestifs. De plus un prêtre, mêlé à l'histoire, donne son appréciation à des croyances superstitieuses. À déconseiller. ».

Même aujourd'hui on ne retrouve pas ce genre de salles. Il faut dire que ce sont les majors américains qui contrôlent la majorité des salles de cinéma. Nous sommes donc submergés à l'excès, à mon humble avis, de films américains. Il reste quelques rares salles indépendantes comme le ''Cinéma Cartier'' et ''Le Clap'' à Québec, qui ont une programmation internationale. À Montréal je sais qu'il y a ''Le Cinéma Du Parc'' et des festivals comme le festival ''Fantasia'', par exemple.

M.N. : Avant que n'apparaisse la vidéo et maintenant le dvd, est-ce que les chaînes canadiennes diffusaient des films Hammer ?

D.F. : Oui, bien sûr, mais il y a de cela bien longtemps. Soit dans les années 1960 et 1970. Il me semble que c'est à Télé-Métropole, aujourd'hui TVA, que l'on passait ce genre de films pendant 24 heures, dans certaines périodes de l'année. Les premiers films de la Hammer que j'ai vu étaient en noir et blanc, vu que nous n'avions pas encore de télévision en couleur à cette époque. De plus les films étaient en français.

M.N. : Vous venez de créer votre Site Hammer, que je trouve formidable mais avant aviez-vous une occupation dans cette même voie, je pense à une revue ou un club comme cela se fait aux USA pour les fans de Lugosi ?

D.F. : Mon site existe en fait depuis octobre 2001. Je l'ai crée, car je ne trouvais aucun site en français voué presque entièrement à la Hammer Films. Je voulais essayer de créer un site qui ressemblait au site officiel de la Hammer, qui semble aujourd'hui mort. Je n'y constate plus de mise à jour. De plus je voulais aussi inclure les autres films, qui respectaient cette ambiance si chère à la Hammer. Pour répondre à votre question, je n'avais aucune occupation dans cette voie, avant de créer mon site.

M.N. : Vous avez un précieux collaborateur qui est Daniel Rapina, un fou de la Hammer, comment l'avez-vous connu ?

D.F. : C'est monsieur Rapina qui a communiqué avec moi pour me féliciter pour mon site, à partir de mon adresse électronique qui s'y retrouve, et ce, le 13 septembre 2004. Je m'en rappele car je conserve tous mes courriels. Il tenait à m'informer de la sortie d'un titre en DVD. C'est lui qui m'a fait la suggestion de créer un groupe de discussion. De plus il a eu la gentillesse de m'expédier des copies des photos d'exploitation cinéma de sa collection, que l'on retrouve sur le site. J'ai très vite constaté que monsieur Rapina était un grand fan de la Hammer, et que ses connaissances pouvaient être mise à profit sur le site. Je suis heureux qu'il ait accepté de collaborer au niveau des descriptions de film de la Hammer. Son aide est très précieuse.

J'aime bien lorsque des gens se sentent interpellés par le site et ont le goût de s'y investir. Ainsi monsieur Denis Magnol, collectionneur d'affiches cinéma, m'avait fait la suggestion de créer une section à ce sujet. Ce que j'ai fait avec plaisir grâce à sa collaboration. Monsieur Magnol continu à me conseiller et à écrire des commentaires sur les différentes affiches. Je lui en suis très reconnaissant.

M.N. : À travers votre site, pensez-vous que la Hammer soit reconnue et appréciée par la nouvelle génération ?

D.F. : C'est l'un de mes souhaits les plus chers, que de faire connaître la Hammer Films aux plus jeunes. Il est cependant difficile de juger si mon site répond à cet objectif. Je sais que des gens de ma génération m'écrivent souvent pour reparler de ces films, dont ils se souviennent vaguement, mais dont ils gardent un bon souvenir. Certains veulent les revoir et m'écrivent afin de savoir où ils peuvent se procurer les films qu'ils recherchent. J'ai une section dédiée aux films de la Hammer sur le site, avec des liens conduisants directement aux titres sur les sites de vente, mais certains hésitent encore à commander des DVD sur internet. C'est malheureux, car par expérience, je sais que c'est très sécuritaire lorsqu'on commande sur des sites reconnus et c'est plus simple de cette façon de trouver les films en DVD.

M.N. : Est-ce difficile pour vous de recueillir des nouveaux adeptes susceptibles de discuter dans les forums ?

D.F. : À vrai dire cette question ne m'a pas vraiment préoccupée jusqu'à maintenant. Le forum a été créé afin de répondre à un besoin, pour ceux et celles que cela intéresse, de pouvoir échanger sur les films de la Hammer bien sûr, mais aussi sur les différents films fantastiques, d'horreur et de science-fiction des années 1930 jusqu'au début des années 1980. J'inclus bien sûr aussi la période de l'expressionnisme allemand.

Je privilégie, dans ce forum, beaucoup plus la qualité que la quantité. Bien sûr le forum n'est pas réservé exclusivement aux ''connaisseurs'', il est ouvert aussi à ceux et celles qui veulent en connaître plus sur ce genre de cinéma.

M.N. : Avez-vous de nouvelles idées pour votre site ?

D.F. : Pour l'instant, je trouve que le site est assez complet. Je reste cependant ouvert à de nouvelles idées et suggestions de la part des internautes. Il faut savoir que le site me demande beaucoup de temps. J'y travaille presque à tous les jours. Je crois que les sections essentielles sont en place. Elles sont d'ailleurs en développement de façon continue. Bien sûr, si des gens veulent amenés leurs connaissances dans l'une ou l'autre de ces sections, ils sont toujours les bienvenus.

M.N. : Avez-vous eu la chance de rencontrer des acteurs ou actrices de la Hammer lors de manifestations ?

D.F. : S'il y a une chose qui me peine le plus, c'est bien de n'avoir jamais rencontré ces gens. Je ne me rappele pas qu'il y ait eu un événement, ici au Québec, où des artisans de la Hammer ont pu être présent. Personnellement je ne suis pas quelqu'un qui aime voyager, donc je n'ai jamais été dans de tels événements dans d'autres pays.

M.N. : La Hammer Films réalisa des remakes colorisés, avec des scripts améliorés et des acteurs de talent que jadis la Universal créa avec les grands monstres comme Frankenstein, Dracula, la Momie ou le Fantôme de l'Opéra. Que pensez-vous de la période universalienne qui débuta avec Dracula pour s'achever avec les deux nigauds ?

D.F. : J'ai beaucoup de respect pour les films de monstres de la Universal. Ce studio a été un pionnier en ce qui a trait aux films d'horreur. C'était le meilleur à son époque, dont d'autres studios se sont inspirés. Il est certain que les films faient dans les années 1930, que je considère comme des classiques, ont été meilleurs que lors des années 1940 où l'on sentait un essoufflement. C'est d'ailleurs dans les années 1940 que la Universal a eu l'idée de regrouper plusieurs monstres dans un même film. Pour ma part, un des films de cette décennie que j'ai le mieux aimé, en plus de The Wolman (Le Loup-Garou) (1941) est Frankenstein Meet The Wolfman (Frankenstein Rencontre Le Loup-Garou) (1943). Par la suite ce fut beaucoup moins bon. Je n'ai pas détesté par contre les parodies avec les deux nigauds, surtout Abbott & Costello Meet Frankenstein (Deux Nigauds Contre Frankenstein) (1948).

M.N. : Aimez-vous le cinéma d'épouvante italien avec des metteurs en scène comme Margheriti, Pupillo, Bava ou Freda ?

D.F. : J'adore le cinéma d'épouvante italien, dont je possède plusieurs films en DVD. Il va s'en dire que Mario Bava est la référence ultime du cinéma italien. À mon avis, il a été aussi important pour ce genre de cinéma en Italie, que Terence Fisher l'a été en Grande-Bretagne. Je dois avouer qu'il me reste encore beaucoup de films à découvrir de cette période. Par exemple je n'ai pas encore vu des films tels que Les Amants D'Outre-Tombe (Amanti D'Oltretomba) (1965) de Mario Caiano, Le Manoir Maudit (Metempsycho) (1963) d'Antonio Boccaci, Le Monstre Au Masque (Seddok, L'Erede Di Satana) (1960) d’Anton Giulio Majano et j'en passe.

Il ne faudrait pas oublier aussi les oeuvres de Dario Argento avec des films tels que Suspiria, que je trouve magnifique.

À vrai dire je suis ouvert aux films de toutes les nationalités de cette période bénie du cinéma fantastique.

M.N. : Que pensez-vous du cinéma japonais avec leurs bestioles géantes comme Godzilla, Ghidrah, Varan ou Mothra ?

D.F. : Même si les monstres géants japonais me passionnent moins, j'ai beaucoup aimé les films de la première période tel que Godzilla (1954), Rodan (1956), etc. Ces films reflétaient bien les angoisses que ce peuple a vécu, suite aux explosions des deux bombes atomiques. Godzilla, un monstre radioactif qui était le symbole de cette peur, venait les piétiner et même l'armée nipponne était impuissante face à lui. J'aimais bien Mothra (le papillon), qui a donné sa vie pour combattre Godzilla dans le film Mothra Contre Godzilla (1964). J'ai moins apprécié par contre le fait que Godzilla devienne bon avec le temps. Il va s'en dire que j'ai détesté le Godzilla américain de Emmerich. C'est assez ironique de voir comment les Américains récupèrent tout, pour faire de l'argent. Avec le recul et cela est d'autant plus vrai depuis le 11 septembre 2001, ce film est peut-être devenu sans le vouloir une parabole, qui nous démontre que les Américains sont en fait les agents de leur propre destruction. Le monstre qu'ils ont contribué à créer s'est finalement retourné contre eux.

M.N. : Que pensez-vous du cinéma fantastique contemporain ?

D.F. : Je dirais que les effets spéciaux, nous en mettent trop plein la vue et laissent trop peu de place à l'imaginaire, ce qui est dommage. Car la peur et la crainte viennent plus de ce que l'on appréhende de voir, que de ce que l'on voit vraiment. Prenons par exemple le film de Robert Wise : La Maison Du Diable (The Haunting) (1963). Jamais on ne voit un spectre, et pourtant, tout le long du film, on reste tendu en attente de voir surgir quelque chose. L'ambiance est magnifique, soutenu par une bande sonore efficace. Autre chose que je déteste aujourd'hui, c'est lorsqu'on cherche à désamorcer la tension par l'humour. À mon avis, l'humour n'a pas sa place dans un film d'horreur. Rien ne vaut la musique classique pour créer une bonne ambiance. C'est assez particulier de voir comment on utilise la musique ''Rock'' dans certains films dit d'épouvante. Pour moi cela ne colle vraiment pas avec ce genre cinématographique.

Le cinéma américain prend trop de place et ne fait que des remakes, souvent moins bons que les originaux. Il y a de bonnes idées qui viennent du Japon, ce qui est intéressant. Parmi les films que j'ai particulièrement aimé ces dernières années, je dirais qu'il y a eu Les Autres (The Others) avec Nicole Kidman de Alejandro Amenábar, Le Sixième Sens (The Sixth Senses) de M. Night Shyamalan, Ginger Snaps de John Fawcett, Le Cercle (The Ring) de Gore Verbinski, le Bram Stoker's Dracula de Coppola, avec ses décors magnifiques, Le Silence Des Agneaux (The Silence Of The Lambs) de Jonhatan Demme, qui date d'un certain temps, mais que je trouve très efficace au niveau de l'ambiance, et enfin les deux Morts De Peur (Jeepers Creepers) de Victor Salva, qui se révèlent très efficaces et très novateurs en ce sens qu'on y voit la création d'un nouveau monstre, aussi important à mon avis que le Freddy de A Nightmare On Elm Street (1984). Il y a aussi le film de Tim Burton : Sleepy Hollow, qui est un bon exemple de ce que la Hammer aurait pu faire aujourd'hui. Au niveau du cinéma français, j'ai apprécié Le Pacte Des Loups, inspiré de la légende de la bête de Gévaudan. Au niveau québécois, je tiens à donner une mention spéciale au film Sur Le Seuil d'Éric Tessier, tiré du roman du même nom et écrit par Patrick Senécal. Il faut saluer ces initiatives françaises et québécoises dans un genre qui n'est pas très populaire habituellement dans ces régions du globe.

Je fais ici une parenthèse, car je tiens à souligner le talent exceptionnel, en tant que romancier de Patrick Senécal, qui est notre ''Stephen King'' du Québec. Je vous encourage à lire ses romans et en particulier Oniria, son dernier roman paru à l'automne 2004 aux éditions Alire, qui déborde d'imagination. D'ailleurs ce scénario original ferait un excellent film fantastique. Si j'avais une formation d'acteur, cela aurait été mon ''rêve'' de jouer dans ce genre de film. Ceux qui ont lu le roman vont comprendre le jeu de mot de ma phrase précédente.

Il y a eu de bons remakes. Je pense entre autres à L'Aube Des Morts (Dawn Of The Dead) de Zack Snyder et Massacre À la Tronçonneuse (Texas Chainsaw Massacre) de Marcus Nispel, et ce même si ces films sont plus dans le registre du ''Gore'', un sous-genre que j'affectionne moins. Je reste cependant ouvert à tout ce qui se fait dans le genre horreur et fantastique. En passant il se peut que les titres francophones, dont je fais référence ici et qui sont québécois, soient différents des titres que l'on retrouvent en France.

M.N. : Aujourd'hui, nous sommes une poignée à défendre un cinéma oublié, révolu qui a fait la gloire de nos cinémas de quartier. Je pense à vous et à ceux qui éditent encore des fanzines ! Quel est votre avis ? Un avenir optimiste ou pessimiste ?????

D.F. : C'est une bonne question. Il est vrai qu'aujourd'hui une majorité de jeunes sont, permettez moi le terme, ''stéroïdés'' aux effets spéciaux, et ce souvent au détriment de l'histoire. Combien de fois ai-je entendu des ''beurks'' de dégoût lorsque je parlais de films en noir et blanc auprès des plus jeunes. Comme si d'écouter ce genre de film qu'ils considèrent comme ''vieux'' était dépassé. Pourtant le ''bon'' cinéma n'a pas d'âge. Il y a eu des films magnifiques à toutes les époques.

Je crois qu'il est important que des gens comme nous, contribuent à faire survivre dans les mémoires ces films. Ceci fera peut-être surgir chez les jeunes et les plus âgés un intérêt, qui à son tour fera naître un désir de les découvrir et même, pour certains, de les redécouvrir.

Car comme pour les être chers qui nous ont quitté, les films du passé continuent à vivre dans nos mémoires, et je sais qu'il y aura toujours des gens de tous les âges, prêts à se laisser animer par notre passion. Comme un feu que l'on perpétue de flambeau en flambeau. Et Dieu sait comment cette flamme est précieuse.


Daniel Frenette



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25 juin 2005. Copyright © 2005 The Hammer Collection.Net et The Hammer Collection de Daniel Frenette / Les Monstres De La Nuit de Eric Escofier.


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