Conférence Sur Terence Fisher À La Cinémathèque Française (30 Juin 2007)
Photos
par Gérard Lenne, Yza et Anne-Marie Daignas - Commentaires par Yza -
Compte
rendu de la conférence par Dr Namaroff (membre du forum) en date du 4 juillet 2007 (A lire à la
suite des photos) - Ajout de trois extraits vidéo par Anne-Marie Daignas
en date du 17 juillet 2007.
Cliquez ici pour voir la programmation en format .pdf
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Concernant
la Cinémathèque, dont voici le côté gauche, l'entrée est beaucoup
plus spectaculaire,
mais quelques beaux arbres la cache partiellement.
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Voici partiellement le patio. Il est de toute beauté, un peu style expressionniste, moi j'aime!
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De
Gauche à Droite : Jean-Pierre Dionnet, Jean-Pierre Bouyxou, Jean-François
Rauger, et
Nicolas Stanzick (alias Kurt Menliff). Malheureusement, Mme Yvonne
Monlaur était absente.
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Face aux questions du public...ont-ils peur ?
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Gérard Lenne et le beau t-shirt de Peter Cushing !
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Compte Rendu de la Conférence
Compte rendu par Dr Namaroff (membre du forum) en date du 4 juillet 2007
Nous avons d'abord vu un extrait des MAITRESSES DE DRACULA illustrant, selon Jean-François Rauger ce qu'il appelle le Bovarysme (Marianne, jeune institutrice pour école de bonne famille, tombe brusquement sous le charme du baron et décide d'aller chercher la clef dans la chambre de la mère du vampire pour le délivrer). Peut-être aussi que cet extrait était destiné à rendre hommage à Yvonne Monlaur, qui on le sait, s'est décommandée au dernier moment. Pour avoir eu la chance de la rencontrer à Londres en 1999, je sais qu'elle aimait beaucoup ce film, son esthétique et qu'elle était nostalgique des films de studios attachant autant de soins au visuel, quelque soit le genre.
Sont ensuite montés sur scène à l'invitation de Jean-François Rauger, Jean-Pierre Dionnet, Jean-Pierrre Bouyxou et Nicolas Stanzick. En quoi les films de Fisher font de lui un auteur interrogeait Rauger ? Pourquoi la vision de ces films ne cesse de nous interroger ? Jean-Pierre Dionnet va très vite prendre la parole et déployer avec la verve et l'humour qu'on lui connait son érudition sur l'imagerie gothique jusqu'à son expression à travers le cinéma. J'étais surpris de l'entendre relativiser l'importance de l'oeuvre de Fisher en soulignant que ses films n'étaient pas toujours très bien fichus, qu'ils étaient fauchés, que parce qu'ils ne faisaient plus peur, ils étaient devenus "des films en costume" avec un peu de sang. Et d'ajouter que pour ses enfants, ces films Hammer sont ennuyeux. Je ferai remarquer que si CURSE OF FRANKENSTEIN et DRACULA disposaient d'un budget serré, BRIDES OF DRACULA quant à lui, bénéficia d'une rallonge de la part d'Universal, suite au succès des précédents films. L'argent est d'ailleurs sur l'écran, il suffit de comparer la beauté des décors intérieurs du château Meinster avec ceux du Dracula.
Mais très vite le débat s'est éloigné d'une analyse de l'oeuvre de Fisher pour laisser place aux souvenirs des invités les plus anciens concernant les conditions dans lesquelles sortaient les films à Paris. Pour ceux que cela intéresse, il existe un excellent numéro de Cinézinezone sur les salles de quartier : MIDI MINUIT qui montre bien dans quelle géographie s'inscrivait la diffusion de ces films.
Le débat s'est ensuite porté sur un sujet bien franco-français : la critique. L'accueil de ce type de film par la presse d'alors. Jean-Pierrre Bouyxou a évoqué la naissance du Journal Midi-Minuit qui défendait Fisher alors qu'à ses débuts, Les Cahiers Du Cinéma le dénigraient. Pourquoi le cacher, même si ce sujet est passionnant et dit beaucoup de choses sur la conception très politisée du rôle du cinéma dans la France de la Nouvelle vague, j'ai trouvé qu'on s'éloignait beaucoup du sujet principal. J'aurais aimé qu'on parle un peu plus du travail de Fisher, son style, ses influences (Ford, Borzage), bref du processus créatif qui a mené à la réalisation de ce cinéma gothique anglais si particulier. J'étais d'ailleurs surpris d'entendre l'excellent Jean-Pierrre Bouyxou évoquer au sujet de la censure et de la scène de viol de Véronica Carlson dans FRANKENSTEIN MUST BE DESTROYED, une pratique courante de la production consistant à tourner des scènes plus osées pour l'Europe. Depuis une dizaine d'années, paraissent outre-manche nombres d'ouvrages et de fanzines exigeants qui indiquent combien la décision de tourner cette scène était inhabituelle, elle a été imposé au dernier moment par James Carreras qui, voyant ses stars (Cushing et Lee) vieillissant, craignait de perdre le marché du jeune public d'alors plus libéré qu'en 1957.
A ce titre, les Frankenstein et Dracula qui suivront sont assez révélateurs de la politique de la production. Avec HORROR OF FRANKENSTEIN et TASTE THE BLOOD OF DRACULA la Hammer tentera d'imposer le jeune Ralph Bates comme le nouveau Cushing et accessoirement nouveau Meinster/disciple de Dracula. On sait que c'est la Warner qui exigera la présence de Christopher Lee sur le second film.
Vers le dernier tiers du débat, Jean-François Rauger a recentré la discussion sur le grand Terence, la cohérence de son oeuvre, en le qualifiant de cinéaste victorien. Il ne filme pas le dix neuvième siècle avec le recul d'un cinéaste du vingtième. Il le filme "comme un cinéaste du dix-neuvième siècle". Il rappelle, ainsi qu'il l'a fait dans l'entretien accordé à Bach Films pour l'édition DVD des MAITRESSES, que la figure récurrente du cinéma de Fisher, c'est l'irruption du libertin du XIIIe (le vampire/ Frankenstein) dans l'époque victorienne et le désordre qui s'en suit. Il rappelle enfin l'ambiguïté du discours fishérien qui rend ses films irréductibles: l'imaginaire est du côté du mal mais le mal est séduisant. J'avais personnellement une définition assez proche de la sienne : Dans ses meilleurs films, Fisher nous dit que l'assouvissement des désirs est une malédiction mais il s'évertue en même temps à nous montrer à travers sa mise en scène combien cette malédiction est fascinante ! Un plan emblèmatique : le visage de Carol Marsh attendant, couchée dans son lit, l'arrivée imminente du comte Dracula dans LE CAUCHEMAR. Un visage où se lit l'inquiétude et le désir à la fois.
Il restait une petite demi-heure pour passer le micro au public. L'intervention la plus intéressante était à mes yeux celle de cet ancien journaliste de la revue d'Alain Schlockoff : Fantastyka. Il soulignait à quel point c'était mal vu à son époque d'aimer ce genre de films. Son admiration et sa rencontre avec Peter Cushing détermina ensuite son envie de devenir comédien et de se consacrer à sa passion de la Hammer.
Avant de conclure le débat, chaque invité a décliné les titres de ce qu'ils considéraient comme les deux meilleurs films de Fisher. Et là ma mémoire flanche un peu, je sais que Rauger a cité LES MAITRESSES DE DRACULA, Stanzick, THE TWO FACES OF DR JEKYLL. Pour ma part, je considère LES MAITRESSES comme un sommet et THE GORGON, un grand film malade, dont les mauvaises décisions artistiques (scénario, casting, effets spéciaux) ne parviennent pas à miner le lyrisme inégalé.
Les Extraits Vidéo
Extrait # 1 de la conférence. Contribution de Anne-Marie Daignas.
Extrait # 2 de la conférence. Contribution de Anne-Marie Daignas.
Extrait # 3 de la conférence. Contribution de Anne-Marie Daignas.
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