Le Cinquantième Anniversaire Du Film : The Curse Of Frankenstein (Frankenstein S'Est Échappé) (1957) De Terence Fisher.
Voici un compte-rendu de notre ami Namaroff (membre du forum), qui a eu la chance d'assister à cette rencontre historique, qui a eu lieu le 4 août 2007 à Oakley Court et aux Studios Bray. (Les photos sont également de Namaroff. Un gros merci à lui, de nous faire partager ce merveilleux moment.)
Paix à l'âme de Peter Graham Scott (Captain Clegg (1961)) et sincères condoléances à sa famille, qui est malheureusement décédé le lendemain de l'évènement, soit le 5 août 2007, après avoir vu ses ancien(e)s ami(e)s. Il avait 83 ans.
Pour marquer les 50 ans de ce film-phare du studio, il fallait un évènement à la mesure. Qui d'autres que Donald Fearney et son équipe pour relever le challenge ? Le samedi 4 Août 2007, après 7 ans d'absence, l'organisateur des Hammer Bray Days ouvre à nouveau la porte du studio mythique aux aficionados et sort de son chapeau une liste d'invités dont il a le secret. Étaient présent entre autres : Caroline Munro, Madeline Smith, Martine Beswick, Yvonne Monlaur, Ingrid Pitt, Janine Faye, Valerie Leon, Jimmy Sangster, Edward De Souza, Ian Scoones, Vera Day, Carol Marsh, Douglas Wilmer, John Hough, Caron Gardener, Damien Thomas, Peter Graham Scott, Margaret Robinson, Don Mingaye, Catherine Feller, etc...
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La carte d'invitation dont les places étaient limitées à 150 invités au prix de 60 livres par personne.
CURSE OF FRANKENSTEIN 50th ANNIVERSARY / HAMMER BRAY DAY 3
Moi, Docteur Namaroff, déclarant être sain de corps et d'esprit, affirme qu'il était bien 18h15 le 3 août 2007 lorsque j'arrivai à l'hôtel dit Oakley Court près de Windsor. Une belle lumière d'été illuminait la campagne anglaise. Le taxi emprunta la même route qui me conduirait le lendemain aux Studios Bray et que je franchirais à pieds.
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Eternel Oackley Court...
L'entrée d'Oakley Court avec son porche et ses griffons en pierre est absolument identique à celle du château du Baron Meinster de BRIDES OF DRACULA. Rien n'a changé ! On a juste disposé un praticable sur une partie des marches pour permettre l'accès aux fauteuils roulants. Les façades exterieures de ce manoir aux briques ocres semblent avoir été conçues pour impressionner le visiteur. De nombreux mascarons ponctuent l'encadrement des portes et des fenêtres de style gothique si bien qu'on se trouve souvent dans l'axe de l'un de ces regards de pierre. Je pensais beaucoup à la demeure de THE HAUNTING de Robert Wise.
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L'entrée ...
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si familière...
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avec ses griffons...
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Les cheminées aux grotesques perchés...
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Des fenêtres gothiques...
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aux visages assoupis...
Tandis que j'avisais le maître d'hôtel, une voix tonitruante retentit dans la réception. Mon assistant Ratoff (qui, outre ses dons pour lancer les couteaux et malmener les aliénés, est aussi photographe et physionomiste à ses heures) reconnut l'organisateur de cette journée, le sieur Don Fearney accompagné de son staff occupé à régler des formalités.
Nous nous présentâmes et le saluâmes. Il sembla nous reconnaître, nous étions peut-être les seuls français à venir depuis 1998. Forcément ça se remarque, surtout quand on parle anglais avec l'accent de Maurice Chevalier.
Après avoir rangé mes bagages dans ma chambre située dans l'aile droite de l'hôtel, j'ouvris la fenêtre à guillotine et découvris la vue sur la pelouse bordant la Tamise avec la fontaine baroque et la façade arrière du manoir. C'est ce côté de l'édifice que l'on voit dans les films de John Gilling PLAGUE OF ZOMBIES et THE REPTILE. Des terrasses en bois exotiques avec des tables et des parasols assortis ont été disposées de chaque côté de l'escalier qui descend vers la fontaine. Les serveurs s'occupaient activement autour des convives d'un mariage.
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De l'autre côté, les terrasses...
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donnant sur la campagne...
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... les rives de la Tamise et la fontaine.
Un peu plus tard, tandis que la cérémonie s'achevait dans la salle de réception, je sortis pour faire mes premiers clichés en attendant l'heure du dîner. M'avançant au bord de l'eau, je reconnus sur ma gauche le hangar à bâteaux et le quai qui avaient servi de décor pour un policier de Terence Fisher avec Paulette Goddard : THE STRANGER CAME HOME. Je sortis ensuite les captures d'écrans de BRIDES, PLAGUE et THE REPTILE que j'avais imprimées sur papier et tentai de reproduire les cadrages à l'identique avec les tritons en pierre de la fontaine au premier plan.
Je fis ensuite une courte pause assis à la terrasse pour vérifier la qualité de mes photos, quelques tables plus loin, Don Fearney entouré de nouveaux invités semblait donner les dernières consignes de préparatifs pour le lendemain. Je reconnus, outre son équipe technique, l'érudit Wayne Kinsey dont Fbenetez a rappelé ailleurs la sortie de son dernier livre HAMMER FILMS THE ELSTREE STUDIOS YEARS et le discret créateur de l'excellent fanzine DARK TERRORS, Mike Murphy cité par mon confrère Erwan dans le forum. Il y avait aussi avec eux une dame d'un âge respectable dont le regard ne m'était pas inconnu. Je demandai à Ratoff si comme moi, il avait reconnu Catherine Feller, la partenaire d'Oliver Reed dans CURSE OF THE WEREWOLF. Il me dit que c'était tout à fait possible.
Après le dîner excellent au demeurant, nous eûmes l'idée de faire quelques prises du porche et des griffons à l'entrée de l'hôtel en nous basant sur les cadrages de BRIDES OF DRACULA. Surgit derrière nous Don Fearney, qui nous fit remarquer que l'entrée n'avait pas changé depuis ce film magnifique. Je saisis l'occasion pour lui donner un exemplaire du programme de la cinémathèque française consacré à la rétrospective Terence Fisher dont il disait avoir entendu parlé. Nous engageâmes une discussion à bâtons rompus sur la journée de demain. Plus de cinquantes invités étaient prévus (acteurs, réalisateurs, techniciens). Très vite nous évocâmes Christopher Lee, Fearney semblait avoir épuisé tous les moyens pour l'inviter mais en vain, il pensait qu'avec sa stature internationale, Christopher Lee n'avait plus envie de revenir à Bray. Cette période décisive pour sa carrière était selon lui, une page qu'il avait définitivement tournée. Nous n'aurions pas le plaisir de retrouver Hazel Court contrairement à ce qui était annoncé. Je lui demandai si Barbara Shelley serait présente. Il m'apprit qu'elle était hospitalisée. Catherine Feller, car c'était elle que nous avions aperçue, serait là le lendemain bien sûr. Yvonne Romain, quand à elle, n'était pas en Angleterre mais nous aurions le plaisir de retrouver la charmante Yvonne Monlaur (elle nous avait fait l'honneur de sa présence en 1999) et pour clore la conversation, il me confirma la venue de Carol Marsh, l'inoubliable Lucy de HORROR OF DRACULA.
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Oakley Court, le soir venu...
Nous nous dispersâmes dans les fumoirs qui jouxtent la bibliothèque. J'avais mes batteries de caméra à recharger. Tout devait être prêt pour le lendemain matin.
Comme les autres fois, les portes des studios Bray s'ouvraient vers 10h30.
Comme les autres fois, le beau temps allait immortaliser le souvenir de ces rencontres à la gloire de la firme mythique qui, trente et un ans après la fin de ses productions cinématographiques, continuait de susciter un engouement auprès des anciennes comme des nouvelles générations de cinéphiles.
LA JOURNÉE DU 4 AOÛT 2007
Relater cette journée du 4 août en détail semble impossible. Aussi vais-je vous donner des impressions, des bribes de discussions sans essayer de trop ordonner tout ça.
Bien sûr, chez la plupart d'entre vous s'imaginant là-bas, l'envie d'interviewer ces artistes doit rejoindre la mienne. Les conditions, aussi sympathiques soient-elles, ne le permettent pas vraiment mais on peut glaner au fil des conversations improvisées, quelques réponses.
Je tiens tout d'abord à remercier mon fidèle Ratoff pour son aide précieuse. Il fut mes yeux et mes oreilles durant une grande partie de la matinée.
Pour des raisons qui dépassent le cadre de notre sujet, j'arrivai bien après l'ouverture des portes des studios. Je traversai hâtivement le parking et dépassai sur ma gauche l'imposant plateau 1 (anciennement plateau 4) érigé à l'emplacement des magnifiques décors extérieurs de Bernard Robinson pour des films comme BRIDES OF DRACULA, EVIL OF FRANKENSTEIN, THE PLAGUE OF ZOMBIES, THE GORGON. Un peu plus loin, la porte ouverte d'un hangar montrait diverses pièces de décors et des accessoires empilés derrière un établi où travaillaient des charpentiers. Beaucoup de productions télévisées mobilisent encore les studios.
Le plus gros des aficionados avait déjà rejoint le plateau 3. On y accède par un hall couvert de photos des plus grands films de la Hammer. On y remarque aussi la plaque apposée en 1998 par les studios pour fêter le 40ème anniversaire de HORROR OF DRACULA. Ce plateau 3 si célèbre avec ses colonnades extérieures vues dans THE MUMMY abrite au rez-de-chaussée une salle de projection aménagée en réception pour l'occasion. C'est là que l'amateur fait ses premières rencontres avec les stars. Des magazines, des tee-shirts, des reproductions d'affiches et des photos d'exploitations sont vendus sur les premières tables. On y trouve aussi les dépliants d'une nouvelle collection de figurines Hammer.
Les "table dealers" sont des séances de dédicaces, rémunérées ou non, avec cette dimension informelle qui permet d'échanger un peu plus que des remerciements et des soupirs d'admiration. L'espace exigu crée très vite une certaine familiarité entre les hôtes et, pour l'avoir vécu plus d'une fois, le vernis du cérémonial craque au bénéfice d'une complicité très agréable. Les fans qui se bousculent derrière vous rappellent que seul le temps manque.
Etaient présentes Caron Gardner (la pulpeuse épouse du bourgmestre dans EVIL OF FRANKENSTEIN), aux côtés de Martine Beswick, Caroline Munro, Ingrid Pitt, Valerie Leon (BLOOD FROM THE MUMMY' S TOMB) et Yvonne Monlaur vers laquelle je m'empressai de me diriger. Peut-être se souvenait-elle de moi depuis le HAMMER BRAY DAY 1999 ?
Nous évocâmes la présence agréable d'Andrée Melly et son mari Oscar Quitak la dernière fois. Je lui dis à nouveau combien BRIDES OF DRACULA était un film admirable et lui demandai de me parler de cet énigmatique acteur David Peel, si économe et si juste dans son interprétation du vampire. Elle le décrivit comme un partenaire réservé qui prenait son métier avec beaucoup de sérieux. Elle trouvait que l'apparence de prince charmant du personnage de Peel le rendait beaucoup plus dangereux que Dracula. D'une manière générale, elle avait gardé l'impression d'une grande liberté sur le tournage. Elle avait retrouvé avec plaisir Christopher Lee (son partenaire de TERROR OF THE TONGS avec lequel elle n'avait tourné que peu de temps) au grand Rex à Paris, l'année dernière, lors du festival Jules Verne. Nous ne pouvions pas ne pas évoquer Peter Cushing, le gentleman inoubliable du cinéma fantastique britannique. Tout le monde l'adorait résuma-t-elle ! Yvonne Monlaur avait gardé un foulard qu' il avait peint pour elle. (Cushing était aussi un artiste hors des plateaux, remarquable aquarelliste, maquettiste, il composait aussi des peintures sur soie et écrivait).
J'esperai trouver un peu plus de temps qu'en 1999 pour parler avec Caroline Munro. Je la trouvai tout comme Martine Beswick, particulièrement radieuse et disponible. DRACULA AD 1972 représentait "the turning point" pour elle. C'est après ce film qu'elle eut envie d'embrasser (oui, ça fait rêver !) sa carrière d'actrice. La présence de Christopher Lee l'impressionna beaucoup sur le plateau et l'aida dans son travail de comédienne débutante. Elle était effectivement particulièrement convaincante dans ce médiocre Dracula.
CAPTAIN KRONOS VAMPIRE HUNTER vint comme une confirmation. Elle qualifia Brian Clemens de génie (au regard de sa prodigieuse carrière d'auteur à la fois populaire et exigeant - ses meilleurs épisodes de THE AVENGERS sont d'étonnants exercices de style - le mot ne semble pas galvaudé). Elle déplorait qu'il ne comptât pas parmi les invités. Récemment, elle lui demandait pourquoi il n'avait pas fait d'autres films. Il répondit que personne ne lui avait demandé ! AT THE EARTH'S CORE avait laissé à Caroline Munro le souvenir d'un tournage en famille. Elle avait noué des liens d'amitié avec Doug McClure et Peter Cushing. Ils avaient mis un point d'honneur à effectuer eux-mêmes toutes leurs cascades et à contracter tous les trois la grippe ! Voilà une curieuse anecdote qui ne figure pas dans le missel du parfait cinéphile du Bis !
A ce stade des discussions, on aurait pu s'imaginer que tous les acteurs gardaient un excellent souvenir de chaque tournage. Valerie Leon, qui comme Madeline Smith s'employait aimablement à parler la langue de Molière, eut un adjectif sans ambiguité pour qualifier le tournage de BLOOD FROM THE MUMMY'S TOMB : Horrible ! Je renvoie les plus curieux d'entre vous à leurs ouvrages préférés pour comprendre de quoi il s'agit.
Difficile de ne pas parler d'Ingrid Pitt. Si sa filmographie devait rendre justice à sa personnalité, elle n'aurait fait que des chef-d'oeuvres. Ingrid vous remarque, Ingrid vous interpelle, Ingrid vous embrasse, se souvient de vous, Ingrid est à elle seule, l'un des plus beaux rayons de soleil de la journée. Je lui achetai la réédition de sa biographie LIFE IS A SCREAM. Elle me demanda si j'étais content du nouveau président français ? Les journaux anglais en disaient beaucoup de bien. Well, well...Je lui répondis que c'était un très bon ami de Tony Blair. Elle me regarda avec des yeux remplis de colère. Le sort des soldats anglais mobilisés en Irak la révoltait. Voilà, c'est Ingrid. J'eus evidemment droit à un chaleureux baiser et, chose rare compte tenu de ma réserve naturelle (je parle de moi, pas de zoologie), je lui en fis un autre en l'enlaçant. Quelques heures plus tard, je la croisai sur les pelouses, elle me cria (en français) Adieu Namaroff ! Je lui répondis: Non Ingrid ! A bientôt !
Quelques tables plus loin, je reconnus le regard mutin de Madeline Smith. Je la rencontrais pour la première fois. Avec elle, le dialogue fut pour le moins surréaliste ! Tandis qu'elle me dédicaçait mon livre et mes photos, elle me parla de FRANKENSTEIN AND THE MONSTER FROM HELL. Le film préféré de sa carrière hammerienne. Plutôt que d'évoquer Cushing et Briant, elle tint à souligner la performance de Bernard Lee, un aliéné, excellent acteur dont elle me rappela qu'il jouait le personnage de M dans la série des James Bond. Je lui dit combien je la trouvais amusante dans TASTE THE BLOOD FROM DRACULA ! "Yes I played the dolly ! ", c'était le petit nom de cette fille de bordel victorien. Elle releva mon accent français, me dit que la dernière fois qu'elle avait parlé le français c'était il y a quarante cinq ans avec une nonne irlandaise !
Encadrée par l'enceinte du plateau 3, la pelouse bordant la Tamise offrait une aire magnifique de rencontres, de restauration et de détente. Tandis que les derniers invités (je pense à Carol Marsh et Douglas Wilmer) prenaient encore leur café dans les cuisines situées dans l'aile droite du plateau, des files d'attente de fans se formaient près des acteurs déjà sortis (Damien Thomas, Catherine Feller, Vera Day de QUATERMASS 2). Des techniciens (Ian Scoones responsable des effets spéciaux (CAPTAIN CLEGG, KISS OF VAMPIRE...), Hugh Harlow, assistant réalisateur sur de nombreux films, le regretté Peter Graham Scott (CAPTAIN CLEGG) décédé le 5 août, Margaret Robinson, John Peverall, premier assistant réalisateur sur BRIDES) s'étaient assis sous l'ombre du grand chêne trônant au milieu de la pelouse, certains donnaient des interviews pour la télévision, d'autres discutaient volontiers avec vous entre deux clubs-sandwich.
Je tins de Wayne Kinsey, l'identité de certains devant lesquels je serais sans doute passé sans m'arrêter. Je pense à Alfred Cox, monteur sur BRIDES, John Hough ou la défunte Marjorie Lavelly, script girl sur plusieurs autres films. Ils étaient présents à la précédente Journée Hammer Bray. Je donnai à Kinsey mon dernier exemplaire du programme de la cinémathèque et lui pris le dernier numéro de THE HOUSE THAT HAMMER BUILT consacré aux cinquante ans de CURSE OF FRANKENSTEIN. Un numéro indispensable comme les précédents.
Curieusement, en l'absence d'Hazel Court, le statut honorable de doyenne Hammer échu à l'exquise Carol Marsh actrice emblématique de... HORROR OF DRACULA ! J'assistai non sans une certaine émotion à ses retrouvailles avec Janina Faye qui vint vers elle avec une photo à dédicacer comme n'importe quel autre fan du coin ! Mlle Marsh est une femme pleine d'énergie et de malice. Elle s'étonne encore du succès de ce film pour lequel elle n'a tourné que deux jours ! Quand vous lui tendez une photo, elle vous répond: Oui! C'est moi ! Elle me donna aussi une leçon qui pourrait parfois faire réfléchir les universitaires prompts à débusquer des intentions a-posteriori, identifier les substrats d'une esthétique mûrement construite pour trier le bon grain des auteurs de l'ivraie des faiseurs. Bref, je demandai à Carol Marsh quelles indications lui avait donné Terence Fisher concernant la scène où elle attendait dans son lit, la venue du comte. Je précisai combien le plan de son visage exprimant la peur mêlée au désir constituait un élément clef de l'approche fisherienne du mythe. Elle réfléchit quelques secondes, le regard perdu dans le vide puis me répondit: "Aucune. Je crois bien que c'est moi ! On m'a juste dit que le méchant gentleman allait entrer dans la chambre et que je devais avoir peur !" Cette anecdote me rappelle une interview de Jimmy Sangster. On lui demandait souvent comment il avait trouvé toutes ces idées pour adapter Dracula et Frankenstein. Son sens de l'ellipse et de la concision. Il répondait un peu agacé : L'argent ! On n'avait pas d'argent, il fallait bien resserer le récit, enlever des effets spéciaux, simplifier la structure narrative, réduire le nombre de personnages. L'efficacité et le style relèvent parfois de préoccupations prosaïques qui se moquent de considérations esthétiques. Voilà pourquoi j'attache tant d'importance à ce qu'un commentaire de film replace toujours l'oeuvre dans les conditions de son élaboration.
Ratoff me donne un coup de coude, je rentre à nouveau dans la file d'attente qui me rapproche de Catherine Feller. Elle aura sans doute été la seule vedette à me dédicacer une photo avec un proverbe ! "There's a time for fishing and the time for mending the nets !" J'insistai toutefois pour avoir une signature sur mon livre et lui dis combien je trouvais les scènes d'amour entre elle et Oliver Reed si réussies dans CURSE OF THE WEREWOLF. "Ce sont les artifices du spectacle, me répondit-elle. Oliver venait de se marier à l'époque, je ne lui plaisais pas, il ne me plaisait pas non plus. Il était trop masculin. Je préférais les hommes plus fins. Terence Fisher nous a extrêmement bien dirigés. Il avait un regard très sensible sur ces scènes-là." Elle marqua une courte pause puis ajouta: "Reed était si intense, si plein de vie, cela me fait drôle de me revoir à ses côtés dans CURSE OF THE WEREWOLF maintenant qu'il est mort."
Je vois une carte couverte de signatures et de petits mots passer de mains en mains parmi les fans. Je la signe à mon tour : Namaroff from Paris ! Elle est destinée à Barbara Shelley que je rêvais de rencontrer cette année. Au recto, ce message: "Get well soon " Prompt rétablissement Barbara ! You don't need Charles ! ( Ratoff me comprendra ! )
Du haut de l'escalier des cuisines, un vigile mit ses mains en porte-voix et rappela aux visiteurs que le bus pour la gare de Windsor venait d'arriver. Je réalisai que, bientôt la journée s'achevait. J'aurai sans doute comme les autres fois raté des rencontres mais serai à nouveau sorti les yeux plein d'étoiles, un peu comme un enfant dans un magasin de jouets sauf que je ne suis plus un enfant mais je mesure combien ce théâtre des illusions aussi dérisoire puisse-t-il paraître est si cher à mon coeur.
Wayne Kinsey laisse entendre dans le numéro 22 de THE HOUSE THAT HAMMER BUILT que cet Hammer Bray Day pourrait être le dernier. Son succès public ne devrait pas en être la raison majeure. On peut toujours espérer !
Parmi les autres invités : Jimmy Sangster, Edward De Souza, Virginia Wetherell, John Cater, Joyce Broughton (la secrétaire fidèle de Peter Cushing) John Hough, Renée Glynne, Bert Batt. Sur la pelouse, l'une des caméras du très beau et très mélancolique: THE DAMNED. Le générique de fin disait : " a Hammerscope production ".
Je tendis à Yvonne Monlaur une dernière photo. Je lui expliquai qu'il m'arrivait d'intervenir sur le forum de Daniel Frenette: The Hammercollection.net Un site où l'on aime la HAMMER, BRIDES OF DRACULA, et YVONNE MONLAUR bien sûr !
Aux
membres de Hammer Collection.net
Amicalement à tous !
Yvonne Monlaur
Docteur Namaroff, le 15 août 2007.
Quelques éléments bibliographiques:
Wayne Kinsey : HAMMER FILMS THE BRAY STUDIOS YEARS, HAMMER FILMS THE ELSTREE STUDIOS YEARS, THE HOUSE THAT HAMMER BUILT issue 22 (indispensables)
Mike Murphy: DARK TERRORS (fanzine), Richard Klemensen: LITTLE SHOPPE OF HORRORS, Ingrid Pitt : DARKNESS BEFORE DAWN
Extrait Vidéo De L'Évènement & Autres Photos
Extrait provenant de youtube. Merci à Dave et Sam du site Hammer Horror Posters pour ce merveilleux document.
Celui-ci peut être visionné avec une qualité supérieure pour les connexions à haut débit à partir de ce lien : http://www.hammerhorrorposters.com/files/Hammer_Horror_Bray_Studios_4th_August_2007.wmv.
Des images de l'évènement sont aussi disponibles sur le même site à partir de ce lien : http://www.hammerhorrorposters.com/bray3photos.html
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Deux photos qui m'ont été envoyé par Dave. Concernant la seconde photo il écrit : «A photo of me in the grounds of Oakley Court close to the area were Peter Cushing chases the monster after killing some lambs in "The Evil of Frankenstein".»
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