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présente
The
Evil Of Frankenstein
L'Empreinte De Frankenstein
(Description & Critique DVD)
Grande-Bretagne. 1964. 84 minutes. Eastmancolor. Film d'horreur et de science-fiction réalisé par Freddie Francis. Directeur artistique : Don Migaye. Directeur de la photographie : John Wilcox. Montage : James Needs. Musique : Don Banks. Supervision musicale : Philip Martell. Scénario : John Elder (Anthony Hinds). Producteur : Anthony Hinds. Maquillage : Roy Ashton. Manager production : Don Weeks. Assistant metteur en scène : Bill Cartlidge. Caméraman : Ronnie Maasz. Ingénieur du son : Ken Rawkins. Montage son : Roy Hyde. Continuité : Pauline Harlow. Coiffures : Frieda Steiger. Garde-robe : Rosemary Burrows. Effets spéciaux : Les Bowie. Production : Hammer Films / Universal International Pictures. Distribution : Rank Film Distributors Ltd (UK) et Universal Pictures (USA). Sortie aux États-Unis le 08/05/1964, en Grande-Bretagne le 31/05/1964 et en France le 31/03/1965.
Principaux interprètes : Peter Cushing (Baron Frankenstein), Peter Woodthorpe (Zoltan), Duncan Lamont (Le chef de la police), Sandor Eles (Hans), Katy Wild (La mendiante), David Hutcheson (Le Bourgmestre), James Maxwell (Le prêtre), Howard Coorney ( L'ivrogne), Kiwi Kingston (Le monstre), Caron Gardner (La femme du Bourgmestre), Anthony Blackshaw et David Conville (Policiers), Tony Arpino (Le voleur de cadavre), Timothy Bateson (L'homme hypnotisé), Robert Flynn (Homme à tout faire), James Garfield (Homme à tout faire), Derek Martin (Homme à tout faire), Anthony Poole (Homme à tout faire), Frank Forsyth (Serviteur), Patrick Horgan (Peter Carrell), Kenneth Kove (Le Curé), Michelle Scott (La petite fille), Alister Williamson (Aubergiste). Certaines scènes de la version cinéma ont été remplacées pour la télévision, par des scènes moins intense. Elles furent filmées par un autre réalisateur et avec d'autres acteurs. Acteurs qui ont joué dans des séquences additionnelles pour la télévision américaine en 1968 : Steven Geray (Dr. Sergado), Maria Palmer (La mère de Rena), William Phipps (Le père de Rena), Tracy Stratford (Rena enfant).
Un couple de personnes âgées sort d'une masure dans une forêt. Un homme à la mine patibulaire guette leur départ. Il vole alors le cadavre d'un homme en le passant par une fenêtre, sous le regard effrayé d'une fillette, qui se met à courir à perdre haleine. Elle tombe nez à nez avec le baron Frankenstein ; terrorisée, elle s'enfuit en hurlant. Le vieux couple et un prêtre constatent, médusés, la disparition du cadavre.
Le voleur apporte la dépouille mortelle à Frankenstein et Hans, son assistant, qui ont aménagé un moulin à eau en laboratoire. Le jeune homme éconduit fermement le voleur, avant que le baron entreprenne de retirer le coeur du corps du défunt. Début du générique en lettres gothiques de couleur jaune, pendant que le savant opère.
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La petite fille a conduit le prêtre jusqu'au voleur de cadavre, qui lui révèle ce qu'il en a fait. Frankenstein et Hans raniment le coeur, par l'intermédiaire d'un système de poulies et de turbines produisant de l'électricité. Le coeur se remet à battre sous le regard satisfait des deux hommes. Le prêtre fait irruption, il veut détruire "le travail du diable". Il saccage le matériel, et fait tomber le coeur sur le sol. Furieux, le baron tente de l'étrangler, mais en est empêché par son assistant. Le prêtre prend la fuite, tandis que le docteur ne peut que constater les dégâts : "ils détruisent toujours tout". Ainsi découverts, Frankenstein et Hans décident de prendre la fuite en voiture à cheval vers Karlstaad, que le savant avait dû quitter dix ans auparavant. Il avait été contraint d'abandonner le château familial, théâtre de ses premières expériences.
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En chemin, Frankenstein dévoile à Hans ses projets : il espère se procurer de l'argent pour acquérir un nouvel équipement de laboratoire, en vendant ses biens qu'il escompte retrouver dans son ancienne demeure. C'est la fête au village de Karlstaad, la population est dans les rues. Au moment où la voiture à cheval arrive près du village, une jeune mendiante, importunée par des garçons, tombe près des roues, puis s'enfuit sans un mot. Les deux hommes traversent le village sans encombre, passant inaperçus dans la foule.
Ils arrivent au château qui donne des signes de décrépitude. L'intérieur semble comme dévasté, et un mannequin à l'effigie de Frankenstein est pendu au plafond. Comme Hans lui demande des explications, Frankenstein lui apprend que ses travaux l'ont conduit à créer un être qu'"ils" ont détruit. Commence un flash-back, dans lequel on voit Frankenstein, une nuit d'orage, donner vie à sa création. La foudre tombée du ciel ranime un être informe et primaire, de très haute taille et couvert de bandages. Puis, on voit le savant prendre en notes ses réactions, quand il se brûle la main, ou qu'il dévore de la viande.
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Un matin, le docteur découvre que sa créature a pris la fuite. Son parcours est jonché de cadavres de moutons que le monstre dévore. La police l'abat et il disparaît dans la montagne. Frankenstein sera condamné à l'exil.
A Karlstaad, la fête bat son plein. Le docteur et Hans, après avoir mis un masque pour ne pas être reconnus, prennent leur repas dans l'auberge. Frankenstein a l'attention attirée par un groupe attablé non loin de lui : le bourgmestre, son épouse, et le chef de la police. Quand il voit une bague lui ayant appartenu au doigt du maire, le docteur devient fou de rage et le l'accuse de vol. Cet acte le démasque aux yeux de ses ennemis, et les deux hommes sont contraints de s'enfuir. Ils trouvent refuge sous la tente de Zoltan, un hypnotiseur en pleine représentation. Ils ne sont pas découverts, mais en représailles, Zoltan est sommé de présenter un permis à la police, s'il veut continuer d'exercer son métier au village.
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Alors que le bourgmestre s'apprête à se coucher en mettant un bonnet de nuit, Frankenstein fait irruption dans la chambre pour réclamer les biens qui lui ont été volés. La police tente d'intervenir, mais le baron parvient à s'enfuir par la fenêtre à l'aide de draps noués. (Cette scène a un caractère vaudevillesque très drôle, renforcé par le jeu de Peter Cushing, irrésistible quand il s'adresse à l'épouse du maire qui pousse des hurlements : " keep quiet, woman ! ") Il retrouve Hans et décide de se cacher dans la montagne où les deux hommes rencontrent la jeune mendiante qui est sourde et muette. Elle les conduit jusqu'à une grotte où ils trouvent refuge et se restaurent un peu, tandis qu'au-dehors, l'orage gronde.
Le matin, le docteur trouve la jeune fille agenouillée devant un énorme bloc de glace renfermant la créature présumée morte. Ils allument un feu pour faire fondre la glace, et entreprennent de descendre le monstre jusqu'au château. Là, avec l'aide de Hans et de la jeune fille, Frankenstein s'active à redonner vie à la créature, en profitant de la foudre qui tombe au-dessus du château. La main du monstre s'anime un peu, mais il demeure dans un état végétatif, et même la brûlure du feu ne le fait pas réagir. Le savant ne s'avoue pas vaincu : il va faire appel à Zoltan l'hypnotiseur pour provoquer un choc cérébral.
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Il se rend dans la roulotte du forain qui est sur le point de quitter les lieux, et le sollicite pour provoquer le réveil de la créature. Zoltan, très orgueilleux, relève le défi. Mis en présence du monstre, il a un mouvement de panique, mais Frankenstein parvient à le convaincre de rester. Il réussit à endormir la créature, puis à la réveiller brusquement. Zoltan a un réel pouvoir sur le monstre. Les trois hommes trinquent à cette réussite.
L'hypnotiseur va démontrer son pouvoir exclusif sur la créature : alors qu'elle ne répond pas aux sollicitations de Frankenstein, elle obéit immédiatement à ses ordres. Le savant comprend qu'il ne pourra plus se passer des services de Zoltan. Ce dernier, après avoir beaucoup bu, ordonne au monstre sous hypnose d'aller au village "prendre de l'or".
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La créature déambule la nuit dans les rues, les bras chargés d'une croix et d'autres objets de culte en or. Un ivrogne s'évanouit à la vue du monstre. Il va tout raconter au chef de la police qui comprend d'après la description qu'il s'agit du monstre de Frankenstein. Quand il découvre le butin, Zoltan décide de passer à une seconde phase : il veut que le monstre "punisse" le chef de la police et le bourgmestre.
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La créature s'introduit brutalement dans la chambre du maire, qu'elle massacre sous les yeux terrorisés de son épouse. Puis, elle se rend au poste de police où elle assassine un simple policier, qui a revêtu l'uniforme de son supérieur hiérarchique. Le monstre a pensé tué le chef de police. Les mains ensanglantées de la créature font prendre conscience à Zoltan que cela a été trop loin : il ne voulait pas la mort de ces gens. Affolé, il tente de s'enfuir avec les objets dérobés, mais Frankenstein, après l'avoir giflé, le chasse du château sans ménagements. Furieux, Zoltan jure de le tuer.
L'hypnotiseur revient et ordonne au monstre de s'évader. Après avoir arraché les barreaux de son cachot, le monstre s'avance vers Frankenstein, muni d'un barreau en forme de harpon. Le docteur repousse l'assaillant à l'aide d'une lampe à huile enflammée. Le monstre se retourne alors vers Zoltan qu'il tue avec le barreau, avant de prendre la fuite. Le chef de police, arrivé sur les lieux, inculpe Frankenstein de tous les crimes commis, et le jette en prison. Néanmoins, le témoignage de l'ivrogne lui fait admettre que les meurtres sont bien l'oeuvre du monstre, "que l'on retrouvera et que l'on brûlera".
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Hans a rejoint la mendiante dans la grotte, où la jeune fille prend soin de la créature en le nourrissant. Il parvient à la convaincre de quitter leur cachette. Le trio prend la direction du château, la créature portant la jeune fille dans ses bras.
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Au village, la populace, armée de fourches et de gourdins, accompagne la police partie traquer le monstre. Frankenstein réussit à s'évader de sa cellule en attirant son geôlier avec une pièce de monnaie, puis en le chloroformant par surprise. Il quitte le village après avoir volé une charrette tirée par un cheval. Il fonce sur la route du château, et manque de peu d'écraser des villageois sur son passage. (Dans cette scène, on distingue assez nettement que ce n'est pas Peter Cushing qui conduit l'attelage, mais une doublure.)
Dans la cave du château, le monstre est pris de violents maux de tête qui le font terriblement souffrir. Voulant le soulager, la jeune fille lui donne du vin à boire qu'il recrache dans un premiers temps. Mais, ayant pris goût à l'alcool, il en absorbe plusieurs bouteilles. Frankenstein arrive sur les lieux au moment où le monstre, totalement ivre, saccage tout ce qui est à sa portée. Hans prend la jeune fille sous sa protection, et la fait sortir de la cave.
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Le baron est resté seul avec le monstre. Il tente de le chloroformer, mais le monstre s'empare de la bouteille, croyant qu'elle contient du vin, et absorbe le contenu. Fou de douleur, il renverse tout sur son passage, et le vin répandu provoque un court-circuit. Les flammes se propagent rapidement dans la cave. Hans appelle Frankenstein pour lui venir en aide, mais celui-ci lui demande de s'en aller.
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Le monstre hurle comme un animal effrayé, l'incendie fait rage. Hans et la jeune fille sortent à l'air libre, alors que Frankenstein et le monstre sont prisonniers des flammes. Une violente explosion détruit le château sous le regard des villageois. La jeune fille se tient près de Hans qui conclut par : "ils l'ont finalement vaincu"... Générique final avec la distribution qui défile en lettres de couleur jaune.
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La Hammer a produit sept Frankenstein : cinq réalisés par Terence Fisher, Les Horreurs De Frankenstein de Jimmy Sangster, sorte de remake ironique du premier de la série, et celui-ci donc, oeuvre de Freddie Fancis.
Les films de Terence Fisher rompaient radicalement avec l'esthétique et la thématique des classiques de la Universal, en faisant du baron le véritable héros de la série, en ramenant le mythe créé par Mary Shelley à l'époque Victorienne, et surtout, en optant pour une approche plus réaliste et humaine des personnages. L'Empreinte De Frankenstein réintroduit tout le folklore des films américains, en particulier ceux des années 1940. Le reproche injuste qui fut fait à Terence Fisher, de copier "servilement parfois" les aînés, aurait en revanche été parfaitement justifié concernant The Evil Of Frankenstein, tant les emprunts aux film Universal, à La Maison De Frankenstein surtout, sont nombreux.
En fait, L'Empreinte De Frankenstein fut réalisé à la suite d'un accord passé avec la Universal, et il n'est pas déraisonnable de penser que le distributeur américain voulait que la Hammer ignore les films précédents (qui avaient été distribués par la Warner et la Columbia) pour présenter un film qui se tienne par lui-même. Ainsi, pour la première et la dernière fois, le monstre aura un aspect "Karloffien", par la grâce du maquilleur, Roy Ashton qui raconte : « À l'inverse de Frankenstein S'Est Échappé, nous n'avions pas de problème de droit concernant l'apparence de la créature. Cependant, la Hammer ne souhaitait pas une copie directe du maquillage de Jack Pierce. Pour vous dire la vérité, ils ne savaient pas vraiment ce qu'ils voulaient. J'ai dû faire près de deux cents croquis pour essayer d'affiner leurs idées avant d'obtenir quelque chose de concret. Il était effectivement très difficile de contenter la direction. »
Je ne sais pas si les dirigeants de la Hammer furent satisfaits du travail de Roy Ashton, mais on ne peut que constater l'échec artistique de ce maquillage. On est est bien loin du visage immortel de Boris Karloff dans les classiques américains.
Dans ce film, le baron, toujours aussi magistralement interprété par Peter Cushing, paraît amer et désabusé, las de l'incompréhension que suscite ses travaux, comme le prouvent ces phrases qu'il prononce plusieurs fois : "pourquoi ne me laissent-t-ils pas tranquille ?" ou encore : "ils détruisent toujours tout ce qu'ils ne comprennent pas". Dans aucun autre film de la série, il ne va tomber aussi bas, à la limite de la clochardisation, jusqu'à devoir trouver refuge dans une grotte. Même si cela doit être fortuit, on comprend mieux alors la frénésie impitoyable qui s'empare de lui dans Le Retour De Frankenstein.
Le casting est dominé par l'interprétation de Peter Cushing, qui trouve en Peter Woodthorpe un adversaire digne de lui. Il est dommage que l'on ne retrouva pas plus souvent cet acteur. (Il tient un petit rôle dans le film Amicus : The Skull.) Sandor Eles, (Countess Dracula), joue le traditionnel assistant entièrement dévoué au savant, et Katy Wild (Le Train Des Épouvantes) la jeune fille sourde et muette. On retrouve aussi un habitué de la Hammer, Duncan Lamont dans le rôle bien antipathique du chef de la police. Kiwi Kingston qui interprète le monstre, est également apparu dans Hysteria, avant de reprendre sa carrière de catcheur ; il serait par la suite devenu videur à l'entrée d'un night club de Hambourg !
Toutes les qualités du label Hammer sont présentes : des beaux décors signés Don Migaye, l'assistant habituel de Bernard Robinson, même si on peut objectivement trouver trop "carton-pâte", l'aspect de ceux de la montagne. Certains décors furent réutilisés pour le tournage de La Gorgone, le laboratoire de Frankenstein devenant celui du professeur Namaroff. Je pense aussi que le "matte painting" / maquette du château du baron est identique à celui du château de Borski.
Don Banks remplace James Bernard à la musique, et signe une partition tout à fait dans l'esprit maison. Il fut bien sûr moins prolifique que le compositeur de la musique du Cauchemar De Dracula, mais on lui doit tout de même de nombreuses réussites parmi lesquelles, entre autres, The Reptile, Captain Clegg, sa première collaboration avec la Hammer, ou Raspoutine. On ne retrouve John Wilcox, le chef-opérateur, que dans Les Sept Vampires D'Or, Hysteria et Nightmare, deux autres films réalisés par Freddie Francis. Son "Eastman color" est chatoyant comme il se doit, surtout lors des scènes dans le laboratoire, avec ses multiples cornues multicolores.
L'Empreinte De Frankenstein n'a pas la force, l'originalité, et la profondeur de La Revanche De Frankenstein, ou du Retour De Frankenstein. Freddie Francis n'est pas Terence Fisher, tout comme John Elder n'est pas Jimmy Sangster.
Mais tel qu'il se présente, le film est excellent, car il contient tout ce que les amoureux du studio apprécient. Une bonne distribution, avec Peter Cushing en tête, (ne serait-ce que pour sa présence, le film vaut le coup d'être vu), des très beaux décors, aussi bien intérieurs qu'extérieurs, une bonne histoire, une bonne musique : le flamboyant style Hammer pour résumer.
Songez qu'en 1964, année de la sortie de L'Empreinte De Frankenstein, la Hammer produisait aussi : Kiss Of The Vampire, (à propos, vous remarquerez dans l'auberge à Karlstaad, des masques et des lampions utilisés pour la scène de bal de Kiss), mais aussi, Nightmare, The Devil-Ship Pirates, The Curse Of The Mummy's Tomb, et The Gorgon. Pas mal pour une seule année...
Ce film est disponible en DVD Zone 1 avec pistes anglaise (DD 2.0 mono) et espagnole (DD 2.0 mono), sous-titré en français et en espagnol, dans un digipack incluant huit films de la Hammer : The Hammer Horror Series (28333). Il va s'en dire que pour tous les connaisseurs de la Hammer, ce digipack se révèle être un vrai petit bijou. Vous pouvez consulter les critiques des films de ce digipack dans la section du même nom. Il est également disponible en DVD Zone 2 (France) chez l'éditeur Bach Films, dont vous pouvez lire la critique plus bas.
Il existe un Laserdisc (NTSC) de ce film en anglais seulement, qui a été édité par la MCA Universal Home Video (40544) et une vidéocassette, mais en anglais seulement.
Bande-annonce du programme double : "The Revenge Of Frankenstein" et "The Evil Of Frankenstein".
Texte rédigé par Daniel Rapina.
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Collection
« Les grands classiques de la Universal – films fantastiques »
L'EMPREINTE DE FRANKENSTEIN
[THE EVIL OF FRANKENSTEIN]
(G.B. 1964) de Freddie Francis
1 DVD 9 (Zone 2) PAL édité par Bach Films 02 octobre 2007. Durée vidéo PAL : 86’32’’ ou 1H 26min 32sec.- Format 1.85 couleurs compatible 4/3 – Son : Dolby Mono v.o.s.t.f. - supplément
Résumé du scénario
Obligés de fuir à la suite d’un vol de cadavre sur lequel il a prélevé un cœur, Frankenstein et son assistant Hans trouvent refuge, à la faveur d’une fête foraine, près de son ancien château. Ils découvrent qu’une belle mendiante sourde et muette a pris soin de la Créature prise dans un glacier, mais intacte. Avec l’aide d’un dangereux hypnotiseur, ils vont entreprendre sa résurrection clandestine. Ses conséquences sont meurtrières…
FICHE
TECHNIQUE SUCCINCTE :
Réalisation : Freddie Francis
Production (Dist) : Anthony Hinds, Hammer Film Prod. Ltd.
Distribution : Universal Pictures le 31 mai 1964 en Angleterre et le 31 mars
1965 en France
Scénario : John Elder
Directeur de la photo : John Wilcox, B.S.C.
Montage : James Needs
Musique : Don Banks, supervisée par Philip Martell
Directeur artistique : Don Minguaye
Effets spéciaux : Les Bowie
Maquillage : Roy Ashton.
CASTING SUCCINCT: Avec Peter CUSHING (Baron Frankenstein), Sandor ELES (Hans, l’assistant du baron), Katy WILDE (la mendiante), Kiwie KINGSTON (la Créature), Peter WOODTHORPE (Zoltan l’hypnotiseur), David HUTCHESON (le bougmestre), Caron GARDNER (son épouse blonde), Duncan LAMONT (chef de la police de Karlstaad), David HUTCHESON, James MAXWELL (le prêtre), Howard GOORNEY (l’homme ivre), etc.
1) IMAGE
Format original 1.85 respecté mais seulement compatible 4/3, d’une image bien photographiée par John Wilcox. La copie chimique est en bon état. La définition numérique et la gestion des couleurs, des noirs, des contrastes sont bonnes sur l’ensemble. Dommage que la compatibilité 16/9 soit absente : la note ne peut dépasser la moyenne de ce fait. On peut compenser relativement ce défaut en « zoomant » l’image si on dispose d’une télévision 16/9 dotée de cette fonction. On rétablira ainsi la majesté initiale du cadre sans perdre le bénéfice des sous-titres, placés de telle sorte que l’opération est possible. Montage soigné supervisé par James Needs.
Note : 5/10.
2) SON
Son d’origine mono en VOSTF. La remastérisation Dolby met en valeur certains
effets sonores et la musique de Don Banks. Les STF disposent d’une bonne traduction
française et sont d’une taille lisible sans être envahissant. La VF d’époque
existait : elle était d’une excellente qualité, comme toutes les VF des Hammer,
mais elle est absente de ce DVD. La note de cette section ne peut donc dépasser
la moyenne.
Note : 5/10.
3) INTERACTIVITE
Menu 4/3 comprenant un chapitrage en 6 sections et comme unique supplément la
bande-annonce originale de Le Spectre De Frankenstein
(USA 1942) d’Erle C. Kenton alors qu’on s’attendait à trouver celle du film
de Freddie Francis. Nous renvoyons au test du DVD contenant ce dernier film
concernant ses données techniques. À noter que la durée de 84’ indiquée au verso
de la jaquette est inexacte : le film dure 86’32’’ en vidéo PAL, donc encore
un petit peu plus en durée pellicule 35mm.
Note : 2/10
4) CRITIQUE L’Empreinte De Frankenstein [The Evil Of Frankenstein] (GB 1964) de Freddie Francis est le quinzième film important du cycle, si on tient compte de la liste très précisément établie par Jean-Pierre Bouyxou (*) en 1969 qui partait d’un premier film important tourné en… 1910. Au pur sein de la filmographie de la Hammer Films, c’est le troisième du cycle dans l’ordre chronologique bien qu’il n’ait absolument aucun rapport scénaristique avec les deux films antérieurs signés Terence Fisher. Et c’est aussi, toujours au sein de la Hammer, l’un des deux seuls Frankenstein à n’avoir pas été réalisé par Fisher, en tenant compte de Les Horreurs De Frankenstein (1970) écrit et réalisé par Jimmy Sangster.
Francis s’est situé, dès l’ouverture que tous les critiques ont trouvé, à juste titre, réussie, magnifique de suspense et de brutalité jusqu’au générique inclus, sur une ligne médiane, tant thématique qu’esthétique, volontairement intermédiaire entre celles tenues par James Whale à partir duquel il souhaitait se positionner, et par Terence Fisher qui était son contemporain novateur. Du premier, Francis conserve la flamme expressionniste (l’hypnotisme caligaresque pendant la fête foraine où un spectateur « devient » une curieuse Créature mimée… sous les yeux froids de son authentique créateur, et le personnage de la mendiante), et la sociologie germanique, ainsi que la tradition des extérieurs (naturels ou « décoratifs ») dont les plans d’ensemble sont, ici, très soigneusement photographiés et souvent impressionnants d’ampleur. Du second, le grand scénariste John Elder introduit une dialectique cruelle de la beauté et de la laideur, de l’intuition et de l’intelligence, de la civilisation et de la sauvagerie que Francis sert en artisan au sommet de son art, avec une retenue glacée qui augmente encore sa violence récurrente.
Peter Cushing est le second point commun évident entre cette unique contribution de Francis et le puissant cycle fishérien : il maintient toute l’ambivalence du personnage, aidé par la propre conception, simpliste mais encore assez ambivalente pour soutenir la connivence sous-jacente, qu’en avait Francis selon ses déclarations de 1968 à un journal allemand, traduites et rapportées par Bouyxou. Ce dernier considérait, dans sa belle critique de L’Empreinte De Frankenstein parue dans Mercury n°1-2, qu’il y a une authentique histoire d’amour entre la Créature et la mendiante. Si oui, on pourrait y voir une certaine tendance au gnosticisme symbolique narrant les errements de l’âme pure dans une matière fondamentalement perverse. Notons en outre, dans un registre parallèle mais tout différent concernant ses sources, que la Créature a un aspect parfois golémien : on lui demande de voler et de tuer alors qu’elle est « innocente ». Nous nuancerions en parlant d’abord d’une fascination d’essence sacrée – au sens phénoménologique décrit par Rudolph Otto - qui s’humanise ensuite seulement en amour « humain trop humain », fruste mais pur, aux conséquences d’ailleurs dramatiques. L’actrice Katy Wild qui incarne cette trajectoire est géniale d’un bout à l’autre du film : remercions Elder car c’est lui qui introduisit son personnage dans le scénario ! Katy Wilde rejoint ainsi, pour l’éternité pelliculaire, le registre des personnages féminins érotiques et handicapées à la fois parmi lesquelles on peut compter celles interprétées par les actrices Yvonne Romain dans La Nuit Du Loup-Garou de Fisher, Susan Denberg dans Frankenstein Créa La Femme, Madeline Smith dans Frankenstein Et Le Monstre De L’Enfer de Fisher.
Et le reste du casting est de très haute tenue : Sandor Eles compose un des assistants du baron les plus originaux du cycle : il a quelque chose de la fragilité essentielle de l’étudiant assoiffé d’absolu, romantique et marginal. Peter Woodthorpe compose un hypnotiseur oscillant d’une manière imprévisible entre le voyou dominateur et le médium qui est impressionnant. Ce nom de scène sera, pour la petite histoire du cinéma fantastique, repris (en connaissance de cause « allusive » ?) dans le titre du délirant Zoltan, Le Chien Sanglant De Dracula (USA 1977) d’Albert Band. Un mot concernant la créature jouée par Kiwie Kingston : le maquillage de Roy Ashton renoue avec la tradition de la Universal du point de vue esthétique. Durant la grande séquence de souvenir de sa première création et à l’occasion de quelques autres plans, elle évoque également une momie puisqu’elle est couverte de bandelettes. La suite nous ramène à un aspect plus habituel.
Francis n’est décidément pas « l’anti-Fisher par excellence » comme Sabatier l’avait écrit un peu trop vite. Le même dosage sophistiqué – typiquement hammerien - de brutalité novatrice et de classicisme repensé présidera quatre ans plus tard à son non moins étonnant Dracula Has Risen From The Grave [Dracula Et Les Femmes] qui partage avec L’Empreinte De Frankenstein le fait d’être également l’unique contribution de Francis au cycle de référence, et d’être une passionnante contribution para-fishérienne.
(*) Jean-Pierre Bouyxou, Frankenstein, éd. Premier Plan n°51, Lyon 1969, pp. 85-89
Note : 10/10
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Test, critique et captures d'écran du DVD par Francis Moury en date du 25 octobre 2007.
Mise en page par Daniel Frenette alias Dracula.
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2006, 2007 The Hammer Collection.Net et The Hammer Collection de Daniel
Frenette.
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