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The Brides Of Dracula
Les Maîtresses De Dracula

(Description & Critique DVD)

Grande-Bretagne. 1960. 85 minutes. Technicolor. Film d'horreur réalisé par Terence Fisher. Producteur : Anthony Hinds. Producteur exécutif : Michael Carreras. Producteur assistant : Anthony Nelson-Keys. Scénario : Jimmy Sangster, Peter Bryan, Edward Percy. Prises de vue : Jack Asher. Musique : Malcolm Williamson sous la direction de John Hollingsworth. Décors : Bernard Robinson et Thomas Goswell. Maquillage : Roy Ashton. Effets spéciaux : Sydney Pearson. Montage : James Needs et Alfred Cox. Production : Hammer Films. Distribution : Universal-International.

Principaux interprètes : Peter Cushing (Van Helsing), David Peel (Baron Meinster), Martita Hunt (Baronne Meinster), Yvonne Monlaur (Marianne), Freda Jackson (Greta), Miles Malleson (Dr. Tobler), Henri Oscar (Heur Lang), Mona Washbourne (Mme Lang), Andree Melly (Gina), Victor Brooks (Hans), Fred Johnson (le prêtre), Michael Ripper (le cocher), Norman Pierce (l'aubergiste), Marie Devereux (une vampire), Harold Scott (Severin).

Générique en lettres rouges gothiques sur fond gris représentant un château. Puis, voix off : "Transylvanie, terre de sombres forêts, de montagnes, de lacs sans fond, encore en proie à la magie à la fin du 19ème siècle. Le comte Dracula, roi des vampires, est mort, mais ses disciples prolongent les rites et pourrissent le monde". Une diligence fonce dans la forêt remplie de brouillard. Marianne Daniel, une jeune institutrice parisienne, se rend à l'académie de jeunes filles de Badstein. Un inconnu s'agrippe à l'arrière de la voiture ; profitant d'une halte dans une auberge, il soudoie le cocher qui abandonne sa passagère. Alors que l'orage gronde, quelqu'un frappe à la porte de l'auberge : c'est la Baronne Meinster, châtelaine des environs qui offre à Marianne l'hospitalité de son château.




Au cours du dîner, Marianne fait la connaissance de Greta, la nourrice du fils de la Baronne. Cette dernière confie à Marianne que son fils est fou et qu'elle préfère laisser croire à sa mort. Du balcon de sa chambre, Mlle Daniel aperçoit le jeune homme qui parait prêt à sauter dans le vide. Il la supplie de venir le rejoindre. Intriguée, Marianne pénètre, durant la nuit dans la chambre du paria, et constate, avec stupéfaction que celui-ci est enchaîné à la cheville. (Il faut ici souligner le symbole oedipien de cette chaîne qui relie le fils à sa mère, même s'il n'est pas certain que ce fut l'intention des auteurs). Le baron lui apprend que sa mère le séquestre pour une sordide histoire d'argent. Émue et séduite par le jeune homme, Marianne dérobe la clef de la chaîne à la maîtresse de maison et le délivre.




Le baron Meinster, libre, révèle sa vraie nature de vampire, hypnotise sa mère et lui ordonne de le suivre. Greta, à demi hystérique, (à ce propos Freda Jackson a raconté que les conditions de tournage difficiles, (froid, lever à 5 h 30 du matin) l'aidaient grandement à se mettre en condition pour simuler l'hystérie) apprend à Marianne qu'il a tué sa mère en la vampirisant. Horrifiée par la mort de la Baronne, mais inconsciente du drame qu'elle a déclenché, Marianne quitte le château et perd connaissance dans les bois.




Elle est recueillie, au petit matin, par le docteur Van Helsing, qui, après avoir pris connaissance des malheurs de Marianne, l'accompagne à l'école de jeunes filles. Le savant rencontre à l'auberge le prêtre du village, qui a fait appel à lui pour combattre le vampirisme. Le père Stefak lui confie ses soupçons concernant la famille Meinster, et lui montre le cadavre d'une jeune fille (Marie Devereux) portant des traces significatives de morsures au cou. Le soir même, les deux hommes se rendent au cimetière et surprennent Greta en train d'aider la jeune morte, devenue vampire, à sortir de son cercueil. Les deux femmes parviennent à s'enfuir.




Van Helsing se rend au château. Il est attaqué par le baron Meinster, transformé en véritable bête fauve. Les deux hommes se battent très violemment, mais le vampire réussit à s'enfuir. Le docteur recueille les confidences de la baronne, devenue elle-même vampire ; elle lui avoue avoir encouragé les perversions de son fils en attirant chez elle des jeunes victimes féminines, et lui demande de la libérer de cette damnation. Van Helsing plonge alors un pieu dans le coeur de la baronne. (La scène, accompagnée d'une musique quasi-religieuse, est d'une grande douceur : pour une fois, en effet, la délivrance par le coup de pieu n'est pas subie, comme dans Le Cauchemar De Dracula, ou Dracula Prince Des Ténèbres, mais désirée).







Meinster, sous son aspect humain, rend visite à Marianne et la demande en mariage. Pendant la nuit, le baron s'introduit sous la forme d'une chauve-souris dans la chambre de Gina, une amie de Marianne, et la tue. Van Helsing se substitue au médecin traditionnel, (interprété par Miles Malleson, très drôle en docteur pochard et âpre au gain ; Terence Fisher intercalait régulièrement des scènes humoristiques, afin de faire tomber la tension des scènes d'"horreur") et remarque les morsures sur le cou de Gina qu'il qualifie de "sceau de Dracula".




Alors que Marianne veille le corps de son amie, les cadenas du cercueil tombent comme par magie : Gina se lève, les canines proéminentes, et dit à son amie : "je voudrais t'embrasser Marianne, pardonne moi de l'avoir laissé m'aimer, nous allons l'aimer toutes les deux, il est au moulin". Cette phrase résume à elle-seule toute l'ambiguïté des personnages. On peut évoquer sans trop s'avancer une homosexualité implicite entre Gina et Marianne, mais aussi entre le baron et Van Helsing comme on le verra plus loin. Marianne ne doit son salut qu'à l'intervention de Van Helsing. Elle lui révèle la cachette du vampire : un vieux moulin abandonné.







Van Helsing s'introduit dans l'antre du monstre, (au passage, signalons la réussite exceptionnelle de ce décor de film réalisé par Bernard Robinson, et baignant, comme tout le film, dans des couleurs à dominante mauve/dorée absolument superbes, dues bien sûr au directeur de la photographie, Jack Asher) et est immédiatement attaqué par les deux femmes vampires encouragées par Greta, qui dans la rixe, se tue. Le baron, qui a fait son apparition, étrangle à moitié Van Helsing ; ce dernier s'évanouit. Le vampire en profite pour mordre au cou le docteur. (Voir plus haut les rapports ambigus entre les personnages). À son réveil, Van Helsing cautérise la plaie pour échapper à la contamination. Pendant ce temps, le baron enlève Marianne et la conduit au moulin, espérant l'"initier" sous les yeux de Van Helsing ; celui-ci jette de l'eau bénite sur le visage du vampire ; aveuglé et défiguré, Meinster met le feu au moulin et tente de s'enfuir. Van Helsing projette sur le baron l'ombre en forme de croix des ailes du moulin : foudroyé, le vampire s'écroule. Van Helsing met Marianne à l'abri, alors que le feu ravage le moulin.




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S'il y a un film Hammer qui se rapproche le plus d'un "conte de fées pour adultes", selon la formule de Terence Fisher, c'est bien celui-ci, à égalité avec La Gorgone peut-être. Le château Meinsteir, par exemple, pourrait être celui d'un conte de Perrault, avec ses marbres, ses ciselures, ses colonnades et ses balcons envahis de lierre.

Au lieu d'une suite du Cauchemar De Dracula, (qui se fera quelques années plus tard avec Dracula Prince Des Ténèbres), la Hammer est contrainte, en l'absence de Christopher Lee, de produire ce Brides Of Dracula sans Dracula, et avec un nouvel acteur David Peel. Trois scénaristes se mettent à la tâche, ce qui explique peut-être quelques "trous" dans le scénario : ainsi, comment une chaîne peut-elle retenir le vampire puisque celui-ci peut se transformer en chauve-souris ? Que deviennent les deux femmes vampires ? Qu'importe ! la poésie est au rendez-vous, comme dans la magnifique scène de résurrection de Marie Devereux, qui, le teint opalescent, émerge de son cercueil au milieu d'un petit cimetière brumeux aux allures de jardin.

Longtemps, on a considéré la performance de David Peel médiocre, notamment par rapport à celle de Christopher Lee. Il n'en est rien, très différent de la star maison, il se fond à merveille dans le style du film. Sa transformation de charmant jeune homme en bête assoiffée de sang est absolument saisissante. En fait, David Peel était âgé de 40 ans à l'époque, en dépit de son air juvénile ; certains lui trouvèrent un aspect équivoque, ce dont se rappellera Roman Polanski pour son Bal Des Vampires, avec son personnage de vampire blond homosexuel. La charmante Yvonne Monlaur, à l'accent français délicieux, est la parfaite héroïne de cette histoire. Martita Hunt fait merveille dans le rôle difficile de la mère du baron, son personnage aurait pu facilement sombrer dans le ridicule. Évidemment, Peter Cushing est formidable, comme toujours, en Van Helsing.




Le film serait-il sans défaut ? non, bien sûr, les deux ou trois apparitions de chauve-souris ne sont pas très réussies, mais c'est une habitude à la Hammer, (Les Cicatrices De Dracula par exemple).

Je ne rechanterai pas les louanges de Bernard Robinson et de Jack Asher. À signaler l'excellente musique de Malcolm Williamson qui réussit à nous faire oublier James Bernard. Terence Fisher et son équipe étaient vraiment à cette époque dans un état de grâce ; avec Les Maîtresses De Dracula, est atteint un des deux ou trois plus hauts sommets de cette période.

Ce film est disponible en DVD Zone 1 avec pistes anglaise (DD 2.0 mono) et espagnole (DD 2.0 mono), sous-titré en français et en espagnol, dans un digipack incluant huit films de la Hammer : The Hammer Horror Series (28333). Il va s'en dire que pour tous les connaisseurs de la Hammer, ce digipack se révèle être un vrai petit bijou. Vous pouvez consulter les critiques des films de ce digipack dans la section du même nom.




Il existe un Laserdisc (NTSC) de ce film en anglais seulement, qui a été édité par la MCA Universal Home Video (40606) et une vidéocassette, mais en anglais seulement.




Trois pages provenant du Creepy numéro 17, concernant Les Maîtresses De Dracula. Merci à Daniel Rapina. (Cliquez sur les images pour les voir en plus grand format).


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Texte rédigé par Daniel Rapina.

Photos de Michel Boëgler.


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Collection « Les grands classiques de la Universal – films fantastiques »
LES MAITRESSES DE DRACULA
[THE BRIDES OF DRACULA]
(G.B. 1960) de Terence Fisher

1 DVD 9 (Zone 2) PAL édité par Bach Films mai 2007 Durée vidéo du film : 85’28’’ ou 1H 25min 28sec.- Format 1.66 Technicolor 4/3 – Son : D.D. 2.0 Mono v.o.s.t.f. - supplément

Résumé du scénario

Transylvanie, à la fin du XIXe siècle : le comte Dracula est mort mais ses disciples poursuivent ses rites sataniques afin d’étendre son culte. C’est au cœur de cette région maudite qu’un soir, dans une auberge, la jeune Marianne fait la connaissance de la Baronne Meinster…

FICHE TECHNIQUE SUCCINCTE :
Réalisation : Terence Fisher
Production : Anthony Hinds & Anthony Nelson Keys (Hot Spurs Films Ltd. + Hammer Film)
Producteur Executif : Michael Carreras (aux Studios de Bray, Angleterre)
Distribution originale : Universal Pictures
Scénario : Jimmy Sangster, Peter Bryan, Edward Percy
Directeur de la photo : Jack Asher (B.S.C.) en Technicolor
Montage : Alfred Cox, supervisé par James Needs
Musique : Malcolm Williamson (supervisée par John Hollingsworth)
Décors : Bernard Robinson
Effets spéciaux : Sidney Pearson
Maquillage : Roy Ashton
Costumes : Molly Arbuthnot.

CASTING SUCCINCT: Peter CUSHING (Dr. Van Helsing), Martita HUNT (Baronne Meinster), Yvonne MONLAUR (Marianne Danielle), Freda JACKSON (Greta la gouvernante-nourrice), David PEEL (Baron Meinster), Miles MILLESON (Dr. Tobler ), Henry OSCAR (Herr Lang), Mona WASHBOURNEN (Frau Lang), Andree MELLY (Gina), Victor BROOK (Hans), Fred JACKSON (Cure) Michael RIPPER (Cocher), Norman PIERCE (aubergiste), Vera COOK (femme de l’aubergiste), Marie DEVEREUX orthographié DEVERUEX fautivement par le générique final (La première villageoise vampirisée) etc.

1) IMAGE Format 1.66 Technicolor pour une copie anglaise d’origine, mais numérisée compatible 4/3 ce qui est dommage puisque les Américains disposent en zone 1 d’une copie 1.66 compatible 16/9. Cela dit, la copie chimique anglaise ici présentée est en très bon état, impeccablement cadrée, et les couleurs sont nuancées et régulièrement magnifiques (le directeur de la photographie Jack Asher dépasse régulièrement le « noir et blanc coloré », formule commode qui ne suffit pas à exprimer son art rigoureux mais capable du baroque le plus sophistiqué), son contraste et sa luminosité très satisfaisantes. La numérisation est donc, absence de 16/9 mise à part, très honorable. Mais nous ne pouvons mettre davantage que la moyenne, compte tenu de cette lacune.
Note : 5/10.

2) SON Dolby Mono d’origine 2.0 v.o.s.t.f. mais… pas de v.f. d’époque ! Bach films n’ignore pas l’existence d’une VHS Secam (recadrée, malheureusement) en VF qui était retitrée « Dracula Le Maudit » et investira peut-être un jour dans une synchronisation entre la VF et la copie anglaise bien que les durées soient différentes, ce qui la rendrait inévitablement plus coûteuse. Le zone 1 NTSC du coffret Hammer-Universal présentait déjà une v.o.s.t.f : Bach Films n’offre rien de plus. Magnifique musique paroxystique composée par Malcolm Williamson, supervisée par John Hollingsworth : elle vaut celle de James Bernard. L’absence de VF nous interdit de mettre une note supérieure à la moyenne.
Note : 5/10.

3) INTERACTIVITE Menu principal d’une esthétique simple et fonctionnelle. Outre un chapitrage divisé en 6 sections, on trouve une intéressante présentation du film par Jean-François Rauger (4/3 couleurs, durée 14’11’’). Le programmateur de la Cinémathèque Française est un fishérien sincère et éclairé, comme on sait. Introduction à la place du film dans l’histoire du cinéma mondial, donc dans celle du cinéma fantastique, donc dans celle de la société de production Hammer Films et dans la filmographie de Fisher, puis lecture marxiste, freudienne, religieuse, et enfin purement esthétique du film lui-même. Ces lectures se contredisent parfois et la citation de Hobbes serait à développer : c’est la loi du genre. Difficile de présenter un film aussi riche en moins de 15 minutes. Le lecteur trouvera de toutes manières un certain nombre de développements sur les points évoqués par Rauger dans la bibliographie fishérienne francophone des années 1960-1975. Bref : le novice apprendra certaines choses, tandis que le connaisseur érudit songera, pour sa part, aux magnifiques galeries photos et affiches qu’un tel DVD aurait permis d’inclure… mais qu’on n’y trouve pas.
Note : 5/10

4) CRITIQUE The Brides Of Dracula [Les Maîtresses De Dracula] (GB 1960) de Terence Fisher est le plus original des trois films que Fisher consacra au vampirisme.

Son scénario écrit par Jimmy Sangster, Peter Bryan et Edward Percy ne doit pratiquement rien au roman de Bram Stoker alors que son antérieur Dracula / Horror Of Dracula [Le Cauchemar De Dracula] (GB 1958) en était largement inspiré et que son postérieur Dracula Prince Of Darkness [Dracula Prince Des Ténèbres] (GB 1965) lui empruntera encore le personnage de Renfield. Dracula est mort : on nous le confirme dès le début en voix-off. Mais le récit – démentiel tel que la géniale actrice Freda Jackson le narre – de la jeunesse du baron Meinster établit bientôt le lien qui exista entre Meinster et un de ses disciples. Ce scénario multiplie en outre les scènes-choc, atteignant des sommets inédits : les métaphores incestueuses, lesbiennes, homosexuelles, sado-masochistes envahissent symboliquement l’écran et leur puissance demeure encore aujourd’hui sans égale. Et il se révèle aussi d’une intelligence rare. Raison pour laquelle ses capacités de suggestion demeurent aussi impressionnantes que ce qu’il montre : l’organisation criminelle qui amène (au moyen de la ruse et de la terreur, imposées par une emprise maléfique et immémoriale) Marianne à accepter l’invitation de la Baronne, maintient ainsi exactement la balance, d’une précision et d’une rigueur toutes deux intangibles, entre le dit et le non-dit, d’autant plus terrifiant.

L’interprétation est exceptionnellement riche et novatrice. David Peel compose un vampire (paradoxalement unique, comme toujours) ne le cédant en rien à Christopher Lee. Il faut rendre définitivement justice à Peel. L’actrice française Yvonne Monlaur tient le rôle de sa vie, celui qui perpétue sa mémoire : c’est à cause de ce rôle qu’elle demeure pour toujours l’une des trois grandes « Yvonne » du cinéma fantastique anglais : Yvonne Furneaux, Yvonne Romain, Yvonne Monlaur. Freda Jackson est l’un des seconds rôles féminins les plus inquiétants non seulement de toute l’histoire du cinéma fantastique mais de celle de la Hammer. Et Martita Hunt n’a pas d’équivalent. Marie Devereux demeure une des femmes-vampires muettes du cinéma parlant les plus érotiques et les plus agressives. Sans oublier les remarquables acteurs fonctionnels mais brillants que furent Miles Malleson, Michael Ripper, et quelques autres.

Du point de vue plastique et du point de vue de la conception dramatique, la mise en scène de Terence Fisher rend un hommage appuyé à l’expressionnisme allemand dès l’ouverture (Yvonne Monlaur prise de panique à cause de la course folle du cocher) et le dialogue même rend un hommage explicite mais ambivalent à (Fritz) Lang. « l’Académie Lang » où doit enseigner Marianne est une école favorablement connue de la Baronne, mais il s’avère que son directeur est un imbécile : faut-il y voir une métaphore filée jusqu’au bout ? Pas nécessairement : donner à une école le nom de Lang suffit à constituer un signe intéressant. L’expressionnisme de Fisher est d’une vigueur et d’une violence infiniment plus fortes que celui de Lang ne le fut jamais. C’est qu’ici tout y conspire, et tout se tient magiquement. Musique et photographie créent un cauchemar plastiquement séduisant : la peur et la folie guettent les âmes sensibles. Le plan de Meinster sur le balcon, titubant au bord du vide, vu en plongée par Marianne, est repris quelques instants après, mais Meinster est absent : l’absence suggère cruellement l’illusion, la présence témoigne de la folie, du chaos insoutenable. Une telle ambivalence – revendiquée, soulignée, abyssale - est typique du contenu manifeste de tout le film. L’espace imparti nous interdit de développer plus avant une analyse minutieuse, plan par plan, séquence par séquence, du restant : elle mériterait d’être écrite.

Peut-être Les Maîtresses De Dracula est-il, tout compte fait, non seulement un des chefs-d’œuvre mais encore le chef-d’œuvre de Fisher, ce qui en ferait automatiquement le plus beau film fantastique de l’histoire du cinéma ? Nous sommes tentés de répondre par l’affirmative. Reconnu à sa sortie par une élite critique, puis un peu oublié à mesure qu’il devenait chimiquement et magnétiquement invisible, sa résurrection numérique permet à tout le moins de constater la permanence de son impact.
Note : 10/10
































Test, critique et captures d'écran du DVD par Francis Moury en date du 28 mai 2007.

Mise en page par Daniel Frenette alias Dracula.


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