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The Shadow Of The Cat
Le Spectre Du Chat

Grande-Bretagne. 1961. 79 minutes. Noir et blanc. Film d'horreur réalisé par John Gilling. Producteur : Jon Penington. Production manager : Don Weeks. Scénario : George Baxt. Assistant réalisateur : John Peverall. Directeur de la photographie : Arthur Grant. Caméraman : Len Harris. Superviseur du montage : James Needs. Montage : John Pomeroy. Musique : Mikis Theodorakis. Ingénieurs du son : Jock May et Ken Cameron. Maquillage : Roy Ashton. Coiffures : Frieda Steiger. Costumes : Molly Arbuthnot. Effets spéciaux : Les Bowie. Décors : Bernard Robinson. Directeur artistique : Don Mingaye. Dresseur du chat : John Holmes. Casting : Stuart Lyons. Compagnies de production : BHP Films en co-production avec la Hammer Films. Distribution : Universal International Pictures.

Principaux interprètes : Conrad Phillips (Michael Latimer), Barbara Shelley (Beth Venable), André Morell (Walter Venable), Richard Warner (Edgar Venable), William Lucas (Jacob Venable), Andrew Crawford (Andrew, le serviteur), Freda Jackson (Clara, la domestique), Vanda Godsell (Louise Venable), Alan Wheatley (Inspecteur Rowles), Catherine Lacey (Ella Venable), Henry Kendall (le docteur), Kynaston Reeves (le grand-père de la nouvelle famille), Vera Cook (la mère de la nouvelle famille), Angela Crow (la fille de la nouvelle famille), Howard Knight (le fils de la nouvelle famille), Rodney Burke (l'ouvrier), John Dearth (le constable Hamer), George Doonan et Fred Stone (les ambulanciers), Charles Stanley (Dobbins), Kevin Stoney (le père).




Un soir d'orage dans une grande maison lugubre. Une vieille dame, Ella Venable, qui vient de rédiger son testament, récite le poème d'Edgar Poe, Le Corbeau à son chat Tabatha. (C'est le seul lien du film avec l'écrivain puisque le chat en question n'est pas de couleur noire, mais est un chat "de gouttière" tout ce qu'il y a de plus commun). Une ombre se glisse dont nous ne distinguons que les jambes. Mme Venable croit reconnaître Andrew, le serviteur, car sa vision est floue. L'homme frappe sauvagement la malheureuse sous les yeux du chat dont l'image à l'écran nous donne le point de vue. (Ainsi, le film comportera de nombreux moments de "caméra subjective" où la vision du spectateur se substitue à celle du chat - vedette). Après avoir enveloppé le corps dans un châle, le majordome le transporte en dehors de la maison, avec la complicité de Clara, la domestique, et du mari de la victime, Walter. Le chat leur file entre les jambes. Début du générique. Les deux hommes enterrent le cadavre sous les yeux de l'animal.

Michael Latimer, un journaliste, et l'inspecteur Rowles se rendent à la maison Venable. Ils font part à Walter de leur étonnement qu'il ait attendu trois jours pour déclarer la disparition de son épouse. Celui-ci s'emporte en prétextant le caractère fantasque de sa femme et ordonne à Latimer de ne pas publier la nouvelle, "la famille ayant assez connu de scandales". La police va donc lancer un avis de recherche. À la vue de Andrew poursuivant le chat, Walter déclare : "il est mauvais, comme sa maîtresse", et continuant le fil de sa pensée : " vous devez l'attraper, Andrew, il sait ! "

Latimer expose ses doutes à l'inspecteur en argumentant sur le fait que Walter a épousé sa femme pour son argent et que, depuis trente ans, il essaie de le lui soustraire. Le trio criminel doit se résoudre à prévenir la nièce préférée de Ella Venable, Elisabeth.




Andrew et Walter poursuivent le chat jusque dans la cave. Ils tentent de tuer l'animal, mais, dans la pénombre, Walter assène un coup de tisonnier à Andrew qui hurle de douleur. (La scène ne manque pas d'un certain humour noir qui porte à sourire de la situation.) Laissé seul par le domestique parti chercher une lanterne, Walter est attaqué par le chat qui lui saute sur le dos. Terrorisé, il perd connaissance, victime d'un malaise. Le docteur estime qu'une autre attaque le tuerait.

Michael rencontre Beth, en panne de voiture. Il la conduit à la maison Venable tout en la mettant au courant de la situation. Andrew, qui veillait son maître endormi, les accueille, le visage lacéré par les griffes du chat. Walter apprend à Beth que Ella l'a exclue du testament.

Alors que Tabatha se montrait affectueux avec Beth, l'arrivée de Clara lui fait hérisser le poil et détaler à toute vitesse.

Walter et ses deux serviteurs doivent admettre leur impuissance à éliminer la bête. Walter se résigne à faire appel à son frère Edgar et son fils, Jacob, pour en finir avec l'animal. Venable fait croire à Beth que sa femme l'a déshéritée. Tout laisse maintenant à penser que Ella est morte, et chaque apparition du chat est comme un rappel des circonstances de sa mort, rendant fou de remords Walter et ses deux complices.

Edgar arrive à la maison, accompagné de son fils, dont on apprend qu'il a fait deux ans de prison, et de la femme de celui-ci, Louise. Beth ne leur témoigne aucune sympathie, et Walter se montre distant. Clara devient littéralement obsédée par l'idée de tuer Tabatha, au point de lui lancer un couteau qui manque d'un rien d'atteindre Beth. Les propos de la servante nous indiquent que le regard accusateur du chat est le symbole du remords qui la ronge.

Walter demande à son frère et à son neveu de trouver le testament original et d'éliminer le chat, moyennant une coquette somme d'argent. Ils acceptent le marché. "On s'occupera de Beth plus tard" ! Celle-ci retrouve en cachette Michael ; ils sont visiblement épris l'un de l'autre. Elle lui avoue qu'elle a peur du reste de la famille et des domestiques, mais qu'elle ne peut laisser Walter. Michael lui fait part de ses soupçons à son égard, provoqués par son attitude envers le chat ; il a compris pourquoi Venable avait fait appel à sa famille, et ne doute pas de sa culpabilité concernant la disparition d'Ella. Beth refuse de le croire.

Jacob parvient à capturer le chat en l'attirant dans un piège. Andrew est chargé de le noyer dans les marais avoisinants. Le serviteur, ivre de joie, court à travers les bois, un sac contenant sa prise. Mais l'animal parvient à se libérer et s'enfuit dans les marécages. Lancé à sa poursuite, Andrew finit par s'enliser dans la vase et disparaît sous les yeux vengeurs du chat. À la vue d'empreintes de pattes, Clara hurle de terreur ; l'animal lui saute dessus, provoquant sa chute du haut de l'escalier et sa mort. L'inspecteur Rowles, arrivé sur les lieux, réfute l'idée de la responsabilité du chat dans cet accident. La police ayant retrouvé le sac dans le marais conclut à la mort d'Andrew, et décide de faire draguer les marécages pour retrouver le corps.




Beth confie à Michael qu'elle entend la nuit du bruit provenant du grenier. Il vont tous les deux le visiter, et découvrent que quelqu'un a creusé le mur à la recherche de quelque chose. Walter, ayant appris cela, interdit à Beth de monter à nouveau au grenier, prétextant la dégradation du plancher, pouvant devenir dangereux. Jacob et Edgar décident de se débarrasser de Walter, "trop de choses dépendant de lui".

Jacob propose à Beth de la remplacer pour veiller sur Walter. Il en profite pour entrouvrir la fenêtre de la chambre, afin de permettre ainsi l'intrusion du chat dans la pièce. Beth est de nouveau réveillée par du bruit provenant du grenier. C'est Jacob qui s'affaire à la recherche du testament original. La jeune femme appelle par téléphone Michael pour le prévenir. Entre-temps, Tabatha s'est introduit dans la chambre de Walter. Il grimpe sur le lit, et s'approche lentement du malheureux qui hurle de peur. Walter meurt, foudroyé par une crise cardiaque. Ainsi, le trio assassin coupable de la mort de Madame Venable est entièrement anéanti.

Edgar exhibe un testament rédigé par Walter ne faisant pas mention de Beth, et lui léguant la maison. Edgar et son fils ayant décidé de vendre la propriété et de "s'occuper" de Beth, Louise tente de se désolidariser de ses acolytes ; mais ceux-ci ont tôt fait de lui faire comprendre qu'elle n'a pas d'autre choix que celui de les suivre dans leurs projets. On retire le cadavre d'Andrew des marais sous le regard impassible du chat.

Après que Beth ait déclaré au trio que "le chat leur pesait sur la conscience", Michael enfonce le clou en les accusant de meurtre. L'inspecteur Rowles leur signifie qu'il ordonne une perquisition pour mettre la main sur le testament original d'Ella. Excédé, Edgar leur demande de sortir de "sa" maison. C'est alors que Jacob, ayant entendu un miaulement, se rue à la poursuite du chat, armé d'un tisonnier. L'animal grimpe sur le toit ; Jacob, inconscient du danger, continue de le suivre jusque là. Il finit par perdre l'équilibre, et tombe du haut de la maison sous les yeux horrifiés de sa compagne. Edgar a profité que l'attention était portée sur son fils pour s'esquiver afin de fouiller la chambre d'Ella. La lumière à la fenêtre attire le regard de Michael et de Beth qui se précipitent dans la maison.




Edgar a trouvé le testament, mais, déjà, le chat le scrute de ses yeux menaçants. Tentant d'en finir avec l'animal, il le poursuit jusqu'au grenier ; pris d'une véritable folie dévastatrice, il ne se rend pas compte que le plancher est en train de s'effondrer. Avant que Michael n'ait pu intervenir, il a les jambes retenues par des lames du plancher, et une énorme poutre s'abat sur lui, entraînant sa mort instantanée.

L'inspecteur Rowles remet à Beth le testament de sa tante qui lui lègue la totalité de ses biens. Le chat sort de la maison et attire Rowles et Michael jusqu'à l'endroit où est enterrée sa maîtresse. Une main de la malheureuse sort de terre, comme un appel au secours. Beth se jette dans les bras de Michael et lui demande de l'emmener loin de cette maison : "je ne veux jamais revenir ici."

Une calèche franchit le portail de la maison, sur lequel une pancarte indique "maison de maître d'Angleterre, vendue pour cause d'expatriation". Ce sont les nouveaux propriétaires, une famille composée d'un grand-père, d'un couple et de leurs deux enfants. Remarquant le chat qui contemple leur arrivée, le père fait cette réflexion : " un chat qui vous accueille, c'est de la chance et il nous en faut ", son épouse réplique : " nous avons toujours le grand-père, s'il changeait son testament... "

Les dernières images nous montrent le chat en gros plan, accompagné d'une musique toute guillerette qui contraste avec celle entendue durant le film. Le sigle B H P et la mention de Bray studio apparaissent avant le logo Universal final.

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La Hammer a co-produit ce film avec le producteur Jon Penington, sous la bannière B H P films. Au regard de la fiche technique, il s'agit bien d'un vrai film Hammer avec les noms habituels attachés au studio comme Bernard Robinson ou Arthur Grant. Les seuls nouveaux noms au générique sont ceux de Mikis Theodorakis à la musique, et de George Baxt au scénario. Le premier est un musicien grec, figure de proue politique de son pays, une des personnalités les plus admirées de son pays. Il signe là une musique assez éloignée du style de James Bernard, lancinante et inquiétante. Le second est un scénariste américain qui avait travaillé sur la première production Amicus : The City Of The Dead. Son script est somme toute une classique histoire policière sur le thème de la culpabilité, que John Gilling, en prenant l'option d'identifier le regard du spectateur à celui du chat, parvient à transfigurer.

Ce très bon réalisateur réussit son film, dont le thème des assassinats commis par un collectif de meurtriers est un sujet qui revient dans d'autres de ses films comme L'Impasse Aux Violences, ou Dans Les Griffes De La Momie. Comme on connaît l'identité des assassins dès le début, l'intérêt est de savoir comment ils vont être châtiés ; John Gilling parvient avec ce seul argument à nous capturer sans difficulté. Les films qu'il a tournés pour la Hammer, et L'Impasse Aux Violences, me le font considérer comme le deuxième plus important réalisateur du studio, juste derrière Fisher, évidemment.

Arthur Grant signe donc la belle photographie noir et blanc qui rappelle les classiques Universal des années 30, tels que Le Fils De Frankenstein ou Une Soirée Étrange de James Whale, qui partage avec Le Spectre Du Chat l'aspect Old Dark House.

Une fois de plus, on ne peut qu'admirer l'art de Bernard Robinson, qui recycle au passage les décors de trois films antérieurs : La Nuit Du Loup-Garou, Le Chien Des Baskerville et sa fenêtre d'où Holmes et Watson scrutaient la lande, et Les Maîtresses De Dracula, dont on reconnaît aisément le balcon envahi de lierres.

Le casting est un vrai régal pour l'amateur : d'abord, la merveilleuse Barbara Shelley éblouissant l'écran de sa classe et de son charme. ahhh, quand elle se lève du lit, vêtue seulement d'un joli déshabillé, quelle grâce ! Je persiste : Barbara est la meilleure actrice ayant illuminé les films Hammer. Nous avons le plaisir de retrouver Freda Jackson, pas loin de devenir aussi hystérique que son personnage des Maîtresses De Dracula. Andre Morell est aussi convaincant en assassin rongé par le remords qu'en docteur Watson.

Les seconds rôles sont, (comme toujours à la Hammer), excellents, de Catherine Lacey, interprète de la voyante de The Mummy's Shroud, à William Lucas vu dans X The Unknown, et Conrad Philipps, le soupirant d'Yvonne Monlaur dans Circus Of Horrors. Merci à ciné-classic de nous avoir programmé ce film plutôt rare, et de plus, dans une copie impeccable.

Allez...encore un effort, il y a encore beaucoup de films à nous montrer, je pense, par exemple, à Hurler De Peur qui m'avait beaucoup impressionné naguère, du côté du "Brady" ou du "Colorado".

Ce film n'est malheureusement pas encore disponible en DVD.

Texte rédigé par Daniel Rapina.

Mise en page et photos par Daniel Frenette alias Dracula.




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