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The Revenge Of Frankenstein
La Revanche De Frankenstein

Grande-Bretagne. 1958. 89 minutes. Technicolor. Film d'horreur réalisé par Terence Fisher. Scénario : Jimmy Sangster. Musique : Leonardo Salzedo. Directeur de la photographie : Jack Asher. Décors : Bernard Robinson. Supervision du montage : James Needs. Montage : Alfred Cox. Directeur de production : Don Weeks. Cameraman : Len Harris. Maquillage : Phil Leakey. Coiffures : Henry Montsash. Costumes : Rosemary Burrows. Son : Jack May. Producteur associé : Anthony Nelson-Keys. Producteur délégué : Michael Carreras. Producteur : Anthony Hinds. Production : Hammer Films. Distribution Columbia. Sortie à Paris le 12 septembre 1958.

Principaux interprètes : Peter Cushing (Victor Frankenstein), Francis Matthews (Hans Kleve), Eunice Gayson (Margaret), Michael Gwynn (Karl), John Welsh (Bergman), Oscar Quitak (Karl infirme), Richard Woodsworth (Le balayeur), Charles Lloyd Pack (Le président), John Stuart (L'inspecteur de police), Arnold Diamond (Molke), Margery Cresley (Comtesse Barscynska), Anna Walmsley (Vera Barcynska), Michael Ripper (Kurt), Ian Whittaker (Le garçon), Avril Leslie (La fille), Georges Woodbridge (Le gardien).

Un échafaud se dresse sur un ciel gris. Alors que la musique retentit, le générique défile en lettres rouges et nous apprend que : "en 1860, le baron Frankenstein fut condamné à mort pour les meurtres commis par le monstre qu'il avait créé ; toute l'Europe fut soulagée d'apprendre que la guillotine allait mettre fin à cette infamie". Reprenant là où s'était terminé Frankenstein S'est Échappé, le film nous montre le baron s'avançant vers la guillotine, accompagné d'un prêtre et de l'assistant difforme du docteur, Karl. Regards complices entre celui-ci et le bourreau, bruit de lutte hors champ, le couperet tombe.




Deux récupérateurs de cadavres profanent une tombe dans un petit cimetière brumeux. Ils (Lionel Jeffries et Michael Ripper, très drôles dans ces seconds rôles si importants dans les productions Hammer) découvrent le corps d'un curé sans tête. Comme le nom de Frankenstein est inscrit sur la tombe, nous comprenons que le prêtre a été exécuté à la place du baron avec la complicité du bourreau. L'un des deux profanateurs s'enfuie. Frankenstein surgit brusquement. À sa vue, le deuxième s'écroule, victime d'une crise cardiaque. Le baron et Karl remettent en terre le cercueil.




Trois ans plus tard, sous le nom de Victor Stein, le docteur ouvre un cabinet médical à Carlbruck. La popularité du nouveau venu s'étend au détriment des autres médecins, lesquels se montrent offensés par le refus de Frankenstein de se joindre au conseil médical. Hans Kleve, un jeune praticien, se présente au docteur Stein, et l'ayant démasqué, lui demande de le prendre comme assistant. Frankenstein conduit alors Kleve dans son laboratoire secret, et lui montre alors le corps parfait qu'il a construit à l'aide des membres amputés aux malades de l'hospice qu'il dirige. En effet, il "soulage" par exemple sans vergogne, le bras tatoué d'un pickpocket. À ce corps ne manque qu'un cerveau ; Karl, soucieux de se débarrasser de son enveloppe disgracieuse est volontaire pour en être le donneur. Margaret, une nièce d'une personnalité de la ville, se fait embauchée à l'hôpital . Elle croise Karl qui est subjuguée par sa beauté.




Frankenstein transplante le cerveau de Karl dans sa nouvelle enveloppe et embaume l'ancien corps. L'opération est un succès. (Notons que l'acteur interprétant Karl sous son nouvel aspect est Michael Gwynn, alors que Oscar Quitak tient le rôle de Karl infirme). Le baron apprend à Kleve qu'il avait déjà réussi ce type d'opération avec des singes et qu'une des tâches de Karl était de leur donner leur ration de viande. Kleve apprend de la bouche du balayeur de l'hôpital (l'excellent Richard Woodsworth vu aussi dans Le Monstre et La Nuit Du Loup-Garou), que les singes ne mangent pas de viande. Frankenstein doit admettre qu'ils sont devenus carnivores et même cannibales suite aux opérations. Il montre à Hans une réplique de son propre corps.




Le baron installe le convalescent dans une chambre située dans les combles de l'hospice. Le balayeur découvre l'existence de ce malade "spécial", dérobe la clef de la chambre , qu'il confie à Margaret. Entre-temps, à la question de Karl :"que va-t-il m'arriver ? " Kleve répond maladroitement qu'il sera montré dans les facultés près de son ancien corps. À cette idée, Karl est désespéré de redevenir ce qu'il espérait ne plus être : un sujet de curiosité. (À la fin de cette séquence, il regarde la fenêtre, et Terence Fisher par ce simple plan, nous fait comprendre qu'il va tenter de s'évader). L'occasion va lui en être fournie par l'intrusion de Margaret qui le délivre des courroies le retenant à son lit. Bien que peu habitué à commander son nouveau corps, il s'évade et se rend au laboratoire pour brûler son ancien corps. (Entre-temps, une séquence nous a montré Karl, admirant son nouvel aspect dans un miroir. Il se dégage de cette scène une grande émotion, dûe à la musique bien sûr, mais surtout au talent de Terence Fisher).




Karl est surpris par le gardien, (Georges Woodbridge), brute avinée, qui, malgré ses supplications, le rosse violemment. Les coups lèsent son cerveau ; il se relève, le visage déformé par la haine, et étrangle le gardien. Il jette un regard sur le singe, occupé à dévorer de la viande, se tourne vers le cadavre l'écume aux lèvres, se rend compte, épouvanté, qu'il a comme les singes, des instincts cannibales ; il prend alors la fuite.




Frankenstein apprend de Hans les raisons de la fuite de Karl ; hors de lui, le baron gifle son assistant. (Remarquons ici la fameuse gifle de Peter Cushing : la même qu'il administrait par exemple à Gerda dans Le Cauchemar De Dracula, le genre "reprends tes esprits", très drôle !) Karl trouve refuge dans les écuries de Margaret, et la supplie de ne pas avertir Frankenstein. Le malheureux commence à ressentir le retour des infirmités de son ancien corps qui, peu à peu, retrouvent les mêmes tares d'avant l'opération, certainement à cause des coups reçus. Désespéré, il reprend la fuite avant l'arrivée du baron et de Hans.

Il croise sur son chemin un couple d'amoureux. (Scène amusante entre le jeune homme et la jeune femme : cette dernière attend de son soupirant qu'il s'intéresse à autre chose qu'à la vie des fourmis !) Karl tue la jeune femme. Frankenstein et Kleve, à la demande d'un policier examinent le corps, et font le rapprochement avec Karl. Ce dernier, dans une scène encore une fois émouvante, regarde Margaret à son balcon, puis son propre corps difforme, comprend l'impossibilité de son amour. (Terence Fisher nous prouve encore sa grande sensibilité à travers cette scène, nous rappelant qu'un de ses souhaits aurait été de tourner "une grande histoire d'amour").




Le baron et Hans assistent à une soirée musicale chez le comtesse, tante de Margaret, à laquelle sont présents toutes les sommités médicales de la ville. Une porte-fenêtre vole en éclats, (une constante chez Fisher, souvenons nous de l'intrusion de la momie chez John Banning dans The Mummy), c'est Karl, les traits déformés, atrocement défiguré. Il meurt, aux pieds de Stein, en le suppliant : "Frankenstein, aidez moi !" dénonçant l'identité du baron par la même occasion. Après une réunion du conseil des médecins où Stein nie être Frankenstein, son cercueil est exhumé ; on trouve les restes du prêtre qui prouvent la véritable identité du savant. Les malades de l'hospice l'ayant appris, lynchent Frankenstein qui meurt, non sans avoir pu donner ses dernières consignes à Hans.




Kleve transfère le cerveau dans le corps façonné à l'image de Frankenstein. Aux policiers venus arrêter le baron, Hans leur montre son cadavre. Les autorités concluent donc à sa mort.




À Londres, un policeman fait sa ronde devant un riche hôtel particulier, sur la porte duquel une plaque indique le domicile du docteur Franck. À l'intérieur, le docteur se lave les mains ; nous remarquons à son bras le tatouage vu autrefois sur le pickpocket amputé par Stein. Le docteur Franck se contemple, satisfait dans un miroir : il ressemble trait pour trait à Frankenstein, et félicite son assistant présent : Hans Kleve. C'est pour lui un triomphe, une véritable REVANCHE, il est désormais lui-même, le produit parfaitement réussi de ses travaux.




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Ce n'est certes pas un grand film d"horreur", c'est bien plus que cela, une merveilleuse histoire, probablement le plus beau film sur le mythe de Frankentein avec "la fiancée", en tous cas celui qui va le plus loin dans les possibilités offertes par le roman de Mary Shelley. Curieusement, de nos jours, le film ne fait pas partie des préférés des fans du studio. On lui a même reproché un technicolor en deçà des autres films photographiés par Jack Asher. Sur ce point, le film est en effet moins éclairé, dans le sens littéral du terme, c'est en fait une autre voie explorée par Asher : ce qui pourrait s'approcher le plus près de l'expression "noir et blanc coloré", magnifique en fait. La musique de Leonard Salzedo colle parfaitement à l'esprit du film, moins tonitruante que celle de James Bernard, plus romantique en fait. Les décors de Bernard Robinson sont sublimes, comme d'habitude, (ah ces laboratoires multicolores ! ces petits cimetières si merveilleusement irréalistes !) Terence Fisher dirige à merveille ses acteurs, qui de M. Ripper à P. Cushing sont irréprochables, mention particulière à M. Gwynn, qui nous donne une interprétation de la créature la plus pathétique qui soit. La complexité du très riche scénario signé Jimmy Sangster, n'empêche pas Fisher de donner à son film une parfaite fluidité, les évènements s'enchaînant sans accroc jusqu'à la conclusion du film. L'équipe Hammer est à son zénith à cette période : entre 1958 et 1960 seront tournés outre La Revanche De Frankenstein : Horror Of Dracula, The Mummy, The Hound Of The Baskerville, The Brides Of Dracula, The Two Faces Of Dr Jeckyll, soit, à mon humble avis, quelques uns des plus beaux fleurons de la Hammer.

Ce film est disponible en DVD Zone 1 avec piste anglaise et sous-titres en français et en anglais chez la Columbia Tristar Home Entertainment (07873). Paru également en DVD Zone 2 (UK) avec piste anglaise et sous-titres en français. Vous pouvez consulter les critiques du DVD dans la section du même nom.

Texte rédigé par Daniel Rapina.

Mise en page et photos par Daniel Frenette alias Dracula.




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