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Dracula Has Risen From The Grave
Dracula & Les Femmes

Grande-Bretagne. 1968. 92 minutes. Technicolor. Film d'horreur réalisé par Freddie Francis. Scénario : Anthony Hinds. Producteur : Aida Young. Musique : James Bernard. Photographie : Arthur Grant. Montage : James Needs, Spencer Reeve. Décorateur : Bernard Robinson. Coiffure : Wanda Kelley. Maquillage : Heather Nurse, Rosemarie McDonald Peattie. Production menagement : Christopher Sutton. Assistant réalisateur : Dennis Robertson. Son : Ken Rawkins, Wilfred Thompson. Construction manager : Arthur Banks. Effets spéciaux : Frank George. Effets visuels : Peter Melrose. Caméraman : Moray Grant. Superviseur musical : Philip Martell. Costumes : Jill Thompson. Production : Hammer Films. Distribution : Warner Bros / Seven Arts. Sortie en France le 3 juin 1969.

Principaux interprètes : Christopher Lee (Dracula), Rupert Davies (Monseigneur Ernst Muller), Veronica Carlson (Maria Muller), Barbara Ewing (Zena), Barry Andrews (Paul), Ewan Hooper (Le prêtre), Marion Mathie (Anna Muller), Michael Ripper (Max), John D. Collins (Un étudiant), George A. Cooper (L'aubergiste), Christopher Cunningham (Le fermier dans l'auberge), Norman Bacon (L'enfant de choeur), Carrie Baker (La première victime).

Le générique défile sur fond de couleur rouge et bleue, supposé représenter les circonvolutions du sang à l'intérieur du corps humain, dans le style "psychédélique" en vogue à cette époque. La musique nous plonge dans une ambiance à la fois religieuse et inquiétante, comme sera la teneur du film dans son ensemble.




Un jeune homme, enfant de choeur de sa paroisse, se rend joyeusement à l'église en bicyclette. Alors qu'il s'apprête à faire sonner la cloche, il a l'attention attirée par du sang qui coule le long de la corde. Au moment où le prêtre entre dans l'église, il entend le jeune homme pousser un hurlement ; ce dernier s'enfuit, ne pouvant donner d'explication car il est muet. Le prêtre suit les traces de sang qui le conduisent au clocher. Là, il trébuche, et soudain, le corps d'une femme suspendu la tête en bas, apparaît de l'intérieur de la cloche. Elle a deux grosses marques de morsure au cou. (Remarquons au passage la gratuité et l'incongruité de cette scène, puisque on se demande bien ce qui a pu pousser Dracula à suspendre sa malheureuse victime dans la cloche. Seuls, son efficacité visuelle et son impact justifient cette séquence). Le prêtre murmure alors : "Seigneur, quand nous délivreras-tu de ce maléfice" ?




Une année est passée. L'évêque de Keinenburg, Monseigneur Ernst Muller se rend au village "pour voir si tout va bien". Le prêtre et l'enfant de choeur disent la messe dans une église vidée de ses fidèles. Le prélat retrouve son curé à l'auberge. Il rappelle à la petite communauté présente que le responsable de la profanation de l'église est "mort dans les torrents de nos montagnes" (Allusion en partie exacte au film précédent Dracula, Prince Des Ténèbres, qui se terminait par la destruction du vampire dans l'eau vive). Mais l'ombre du château de Dracula, dont le nom est enfin prononcé, touche l'église, empêchant ainsi les fidèles de s'y rendre. (Il règne dans l'auberge une ambiance typique de ce lieu dans les films Hammer, faite de défiance, de superstition et de peur).




"Le château habite encore le démon" confie le prêtre, très abattu, à l'évêque. Ils décident de s'y rendre dès le lendemain matin afin de l'exorciser. Après avoir pris soin de se munir d'une grande croix, ils gravissent avec difficulté des chemins de montagne escarpés, (en soutane !) envahis de brouillard. Découragé, le curé avoue à Ernst Muller qu'il ne peut pas l'accompagner plus loin. Ce dernier lui demande alors d'attendre son retour. Parvenu au château, il prononce l'office d'exorcisme et scelle la croix sur l'immense porte d'entrée. Un terrible orage a éclaté : paniqué, le prêtre trébuche et se blesse la tête. Du sang coule de la plaie jusqu'à la bouche de Dracula, dont le corps est congelé dans la glace. Le vampire ne tarde pas à revenir à la vie, et à mettre le prêtre sous son emprise.




Monseigneur Muller est redescendu seul jusqu'à l'auberge, où on le réconforte. Il annonce solennellement que le château est exorcisé. Sceptiques, les hommes présents lui mentent en lui disant que le curé est revenu. Une courte scène alternée nous montre Dracula demandant au prêtre : "qui a osé faire çà ?" en désignant la croix sur la porte de son château. "Monseigneur" lui répond-t-il.




Ernst Muller est rentré à Keinenburg, où il retrouve Anna sa belle-soeur, qui le convie à fêter l'anniversaire de sa fille, Maria, dont le prélat s'occupe depuis la mort de son frère. Une courte et magnifique scène nous présente le prêtre vider le contenu d'un cercueil, dans un cimetière brumeux, sous l'oeil attentif du comte.




Nous faisons connaissance avec le soupirant de Maria, Paul, un étudiant qui travaille pour payer ses études à la boulangerie du café Johann, dont le patron est le sympathique Max, (interprété par l'inamovible Michael Ripper). Il a pour collègue Zena, la serveuse dont le décolleté fait tourner la tête aux jeunes étudiants. Avant de se rendre à l'anniversaire de Maria, Paul renverse sur lui un verre de bière ; la jeune fille redoute qu'il passe pour un ivrogne aux yeux de sa famille.




À la fin du repas, la conversation s'envenime lorsque Monseigneur Muller demande à Paul quelle église il fréquente. Ce dernier, n'écoutant que sa franchise, avoue qu'il ne croit pas en Dieu. L'évêque est scandalisé, et Paul préfère se retirer au grand désespoir de Maria.




Au café, le prêtre surveille Zena qui finit son service. Une diligence noire stationne dans la rue. Paul s'installe à une table, bien décidé à s'enivrer pour oublier ses déboires. Pendant ce temps, Maria s'enfuit par la fenêtre de sa chambre, parcourant les toits des maisons pour retrouver Paul. Elle surprend Zena allongée près de celui-ci, ivre mort. Alors que Maria met Paul dans son lit, la serveuse retourne chez elle à pieds, la nuit, à travers les bois. Bientôt, elle est prise en chasse par la diligence noire, conduite par le curé, qui fouette son attelage composé de deux chevaux de la même couleur que la voiture. Croyant être parvenu à semer son poursuivant, Zena tombe nez à nez sur Dracula, qui ne tarde pas à la subjuguer de son regard avant de la mordre au cou.




Au matin, Maria regagne sa chambre par le même chemin, alors que Zena regarde dans un miroir les deux grosses boursouflures causées par la morsure du vampire. Le prêtre demande à Max de pouvoir louer une chambre dans son établissement. Réticent, l'aubergiste est contraint d'accepter à cause de Zena. Demandant à Paul des renseignements au sujet de Muller, le curé apprend l'existence de la nièce, Maria. Il a réussi à installer Dracula et son cercueil dans une remise attenant au fournil, avec la complicité de Zena. Cette dernière doit suivre le prêtre jusqu'au repère du vampire, qui lui ordonne de lui amener Maria. Jalouse, elle proteste ; alors le comte la frappe violemment.

Quand Maria arrive au café, Zena lui fait croire que Paul est en bas. Elle lui passe un sac sur la tête et la mène dans la gueule du loup. Les amis de Paul lui apprennent la présence de Maria dans les lieux. Il se précipite à sa recherche et la trouve juste à temps pour empêcher le comte de vampiriser la jeune femme. Dracula décide de punir Zena parce qu' "elle a échoué dans sa mission". Il se penche sur la jeune femme qui pousse un terrible hurlement. Max et Paul, septiques, écoutent Maria raconter qu'elle a été attaquée "par un homme aux yeux de feu".




Le prêtre descend à la cachette du vampire où ce dernier gît dans son cercueil, un filet de sang à la bouche. Il découvre le corps de Zena, canines proéminentes, saigné à blanc. Dracula lui ordonne de le détruire. Le curé jette alors la dépouille de la malheureuse dans les flammes du four.

Paul raccompagne Maria chez elle par les toits sous le regard du prêtre. Arrivée chez elle, la jeune fille perd connaissance dans les bras de sa mère qui appelle Muller à l'aide. Paul demande au curé de faire parvenir une lettre à Maria. Heureux de l'aubaine qui lui permet de connaître l'adresse de la nièce de l'évêque, il accepte.

Maria a ouvert entièrement la fenêtre de sa chambre. Dracula apparaît et s'approche lentement de la jeune femme, qui, hypnotisée, s'étend sur le lit. Le vampire se penche sur son cou et la vampirise. À ce moment, Maria, qui tenait à la main une poupée, la rejette brusquement. (Outre le symbole évident de ce geste, il faut reconnaître à cette scène sa réussite du point de vue érotique, qui en fait le pendant de celle, nettement plus en suggestion, de la visite nocturne du comte à Lucy dans Le Cauchemar De Dracula).




Au matin, Ernst Muller découvre sa nièce inanimée, avec deux grosses marques au cou. Le soir venu, Maria ouvre sa fenêtre à Dracula. Au moment où elle s'offre à lui, Ernst fait irruption dans la chambre. Il montre un crucifix au vampire, qui, terrorisé par cette vision, s'enfuit en traversant la fenêtre. Le prélat part à sa poursuite sur les toits, mais là, il croise le chemin du prêtre qui le frappe violemment au visage. Ensanglanté, il parvient à se traîner jusqu'à chez Anna. Pendant qu'elle le soigne, il lui demande de trouver Paul et de le ramener, "parce qu'il aime Maria, et que lui seul peut l'aider".




Ernst apprend à Paul que "le comte Dracula est vivant", et qu'il ne doit jamais laisser Maria seule la nuit. Il lui confie un livre en latin indiquant les différentes manières de combattre le vampirisme. A défaut de jurer devant Dieu, Paul donne sa parole au vieil homme.




Paul s'installe chez Maria et emmène avec lui le prêtre. Au moment où Ernst le voit et le reconnaît, il meurt sans avoir pu dire un mot. Paul met une petite croix au cou de Maria et installe de l'ail aux ouvertures de la chambre. La nuit tombée, le prêtre assomme Paul à l'aide d'un chandelier, détruit les planches qui obstruaient la fenêtre, mais ne parvient pas à retirer le crucifix du cou de Maria. Retrouvant ses esprits, Paul questionne le curé qui lui avoue obéir aux volontés de Dracula. Le jeune homme lui ordonne alors de le conduire au repère du vampire.




Arrivés sur place, les deux hommes découvrent le comte gisant dans son cercueil. Paul lui enfonce un énorme pieu dans le coeur, Dracula hurle de douleur mais n'est pas détruit pour autant. Le curé demande à Paul : "il faut prier ou il ne mourra pas "! Le jeune homme lui rétorque : "priez ! c'est vous le prêtre "! Mais il est trop tard ; déjà, Dracula a retiré le pieu de sa poitrine. En s'enfuyant, Paul lance des braises incandescentes sur le vampire. Ce dernier retrouve Maria sur les toits qui marche comme une somnambule. Dracula saisit Paul à la gorge et le précipite dans le vide. Il doit son salut à une cheminée qui arrête sa chute. Le vampire savoure sa victoire : "maintenant, ma vengeance est complète".




Paul part à cheval à la poursuite du comte. Celui-ci fonce à travers les bois sur sa diligence, Maria à ses côtés. Paul demande à l'auberge le chemin du château de Dracula. En entendant ce nom, les clients veulent empêcher par la force Paul d'y aller. Il réussit à se dégager et à se faire indiquer le chemin par l'enfant de choeur muet.




Dracula et Maria parviennent au pied de la montagne où se niche le château. Le comte entreprend la fin du périple en marchant, la jeune femme le suivant à distance, pieds nus. Il la prend dans ses bras pour gravir les derniers mètres. Arrivé sur le seuil de sa demeure, il ordonne à Maria d'éloigner la croix de sa vue, tout en la poussant violemment à terre. "Jette la" lui aboie-t-il. La jeune femme s'empare de la croix et la précipite dans le ravin où elle finit sa chute plantée dans la terre. Paul arrive sur ces entrefaites, et une lutte sans merci s'engage entre les deux hommes. Le long des remparts, ils perdent l'équilibre et tombent dans le vide. Si un arbuste amortit la chute de Paul, Dracula connaît un sort différent : il s'empale sur la croix qui le transperce de part en part. On assiste à l'agonie du vampire qui gesticule, comme un sinistre pantin.




Soudain dégagé de l'envoûtement, le prêtre se met à genoux et commence à prier. Le sang sort par les yeux de Dracula, qui, sous les effets conjugués des prières et de la croix, est réduit en poussière, alors qu'une musique d'inspiration divine retentit. Paul fait alors le signe de la croix avant d'enlacer Maria. Générique final en lettres blanches sur fond d'image représentant la croix, la cape du comte à terre, avec en arrière plan, le château sur la montagne.




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"Si Fisher a repris à temps le personnage de Frankenstein, il n'en est pas allé de même avec Dracula : en introduisant chez le vampire la notion de désir et de conscience (la vengeance du comte contre l'évêque), Francis fait disparaître l'idée de l'animalité et annihile la terrible puissance du vampire Fisherien. C'est Freddie Fancis que l'histoire rendra responsable de cette trop rapide décadence". Ce jugement sans appel de Jean-Marie Sabatier, dans Les Classiques Du Cinéma Fantastique, ne manque pas de pertinence. Il est vrai qu'à partir de ce film, le personnage de Dracula va devenir secondaire dans la série de films qui lui sera consacrée.

Peu importe, avec le temps, pratiquement tous les films de la Hammer trouvent grâce à mes yeux, à commencer par celui-ci. Certes, il est vrai qu'on est assez loin de la magie des deux premiers Fisher sur le même thème, et même de Dracula, Prince Des Ténèbres, mais c'est une sorte de feuilleton passionnant qui commence avec Dracula Et Les Femmes. L'épisode qui nous occupe aurait pu s'appeler "Dracula Contre La Religion", tant celle-ci est omniprésente dans le film. Le point culminant du film à ce sujet est la scène étonnante où Paul ne réussit pas à détruire Dracula, à cause de son manque de foi et de sa méconnaisance des prières.

Si le scénario de Anthony Hinds, alias John Elder est assez inconsistant, le film est un régal visuel. Les scènes de toits notamment, qui rappellent l'expressionnisme allemand des années vingt, sont particulièrement belles et poétiques. Il n'est pas étonnant que ce film soit doté d'une belle photographie avec Freddie Francis derrière la caméra, brillant chef-opérateur de formation.

James Bernard a composé pour l'occasion une remarquable musique dont les consonances religieuses s'accordent parfaitement à l'ambiance générale du film. Christopher Lee joue encore avec force et conviction son personnage ; le script lui permet de dire çà et là un peu de texte. En face de lui, Veronica Carlson, une découverte de James Carreras, parvient à tirer son épingle du jeu. Avec une poignée de films à son actif, elle est restée dans la mémoire de l'amateur, d'abord grâce à la qualité des films auxquels elle a participé, (surtout le génial Retour De Frankenstein), mais aussi, je pense, à sa plastique, disons... spectaculaire ! Les seconds rôles sont excellents, mention spéciale à Ewan Hooper, qui interprète le prêtre avec sensibilité.

Quoiqu'il en soit, Dracula Et Les Femmes passe pour le film le plus lucratif que la Hammer ait jamais produit, ce qui ne manquait pas d'étonner la star maison, Christopher Lee.

Ce film est disponible en DVD Zone 1 avec pistes anglaise et française, ainsi que des sous-titres en anglais, français et espagnol. En vidéocassette, dans l'usagé, en anglais seulement chez la Warner Home Video. Paru également en DVD Zone 2 (France) avec pistes anglaise, française et allemande, ainsi que des sous-titres dans ces mêmes langues et autres. Vous pouvez consulter les critiques de ces DVD dans la section du même nom.

Texte rédigé par Daniel Rapina.

Mise en page et photos par Daniel Frenette alias Dracula.


Les DVD Zone 1 et Zone 2 (France).


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